Évangile du dimanche 18 juin 2017

Du pain sur la table

Fête du Saint Sacrement (année A), selon l’écrit de Jean (6, 51-58)

51 Moi, je suis le pain qui est vivant, celui qui est descendu du ciel.
Si quelqu’un mange de ce pain il vivra pour l’éternité.
Le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde.

52 Les Juifs se disputent entre eux en disant:
Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger?

53 Jésus leur dit:
Amen! Amen! je vous le dis:
Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et ne buvez pas son sang, vous n’avez pas vie en vous.

54 Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle.
Et moi je le ressusciterai au dernier jour.

55 Car ma chair est vraie nourriture et mon sang est vraie boisson.

56 Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.

57 Comme le Père qui est vivant m’a envoyé et comme je vis par le Père,
ainsi qui me mange, celui-là vivra aussi par moi.

58 Tel est le pain descendu du ciel:
non pas comme les ancêtres ont mangé et ils sont morts.
Qui mange ce pain vivra pour l’éternité.

Jésus dit ces choses alors qu’il enseignait dans une synagogue à Capharnaüm.

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Le commentaire du pain sur la table,

par Georges Convert.

Quelle serait la réaction, à l’écoute de ce texte, d’une oreille peu accoutumée à l’Évangile?
Mais nous-mêmes, chrétiens trop habitués, comment vivons-nous ces paroles?

La place de ce texte dans le récit de Jean
Nous sommes à Capharnaüm, à la fin du long entretien entre Jésus et la foule
au lendemain du grand repas des pains multipliés.
Pour comprendre cette finale, il faut donc rappeler brièvement ce qui a précédé.
Jésus a rassemblé une grande foule sur une montagne de Galilée.
Après avoir enseigné longuement (jusqu’à la tombée du jour, disent Marc, Matthieu et Luc),
Jésus a organisé un grand repas où les pains ont été multipliés pour nourrir la foule.
Et celle-ci a été enthousiasmée à la vue du signe qu’il venait d’opérer:
«Celui-ci est vraiment le Prophète, celui qui doit venir dans le monde.»
Mais Jésus, sachant qu’on allait venir l’enlever pour le faire roi,
se retira à nouveau, seul, dans la montagne (Jn 6,14-15).
Comment les foules ont-elles compris le geste du repas?
Quel sens Jésus lui donne-t-il?

Le repas dans la Bible.
Pour tenter de comprendre le dialogue entre les Juifs et Jésus,
il est utile de nous rappeler ce que représente le repas dans la Bible.
Manger à la même table, c’est manifester l’unité de ceux qui mangent ensemble.
Puisqu’on puise ensemble à la même source de vie, mangeant la même nourriture,
ceux qui partagent un unique pain, deviennent un seul Corps, comme le dira Paul:
Puisqu’il y a un seul pain, nous sommes tous un seul Corps
car tous nous participons à ce pain unique (1Co 10,17).
Cette ré-union dans le repas se vivait au Temple, lors des sacrifices de communion.
Ceux qui offraient un animal, le mangeaient tous ensemble et en communion avec Dieu.
Mais cette communion ne se réalise pas seulement par la même nourriture matérielle.
Si le repas ré-unit, ce n’est pas uniquement parce qu’on mange ensemble,
mais parce que les convives communiquent.
La communion se réalise aussi et surtout par le partage de la parole.
La littérature juive disait:
«Quand deux ou trois sont réunis et parlent de la Tora, Dieu est au milieu d’eux.»
En effet, parler de la Tora, c’est se nourrir ensemble de la sagesse de Dieu;
c’est se laisser conduire par cette sagesse, vivre selon l’esprit de Celui qui donne la sagesse.
Qui accueille dans sa vie la sagesse de Dieu deviendra ainsi fils, fille du Père.
Et donc les commensaux deviennent frères et soeurs dans leur commune filiation divine.
Au grand Jour de Dieu, à la fin du temps, c’est donc un grand repas
qui symbolisera la communion des fils et filles de Dieu, comme le dit Isaïe (Is 25,6):
Le Seigneur-Dieu, le tout-puissant, va donner sur cette montagne un festin pour tous les peuples.
On retrouve ce même message dans les propos de Jésus:
Eh bien! je vous dis que beaucoup viendront du levant et du couchant
pour prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Règne des Cieux (Mt 8,11).
Ainsi, on comprend qu’à la vue de ce grand repas des pains multipliés,
la foule ait pu découvrir que Jésus pouvait être le prophète-messie attendu,
pour qu’il libère le peuple de Dieu de l’occupation romaine et de la misère.

Le sens du grand repas des pains multipliés
Dans la situation économique difficile de ce temps où Israël est occupé par les Romains,
la foule pense surtout à son besoin de pain.
Si «ventre affamé n’a pas d’oreille», comme dit le proverbe,
la foule a-t-elle pu percevoir que Jésus veut répondre à un besoin plus spirituel?
Ce n’est pas parce que vous avez vu des signes que vous me cherchez,
mais parce que vous avez mangé des pains à satiété.
Il faut vous mettre à l’oeuvre pour obtenir non pas cette nourriture périssable,
mais la nourriture qui demeure en vie éternelle (Jn 6,26-27).
Passer de ce plan de la nourriture matérielle au plan spirituel n’est pas toujours facile.
Pour amener plus loin la compréhension, Jésus va s’appuyer sur la Bible elle-même.
Déjà, lors de l’Exode, les tribus avaient été nourries de manne et de cailles.
Dans sa réflexion, le peuple avait compris
que la manne devait conduire à une autre nourriture: la parole de Dieu:
[Dieu] t’a fait avoir faim et il t’a donné à manger la manne …
pour te faire reconnaître que l’être humain ne vit pas seulement de pain
mais de toute parole qui sort de la bouche du Seigneur-Dieu (Dt 8,3).
Aussi, dans la Tente de réunion qui est la demeure de Dieu au milieu de son peuple,
la parole et le pain se trouveront désormais réunis
sous la forme des tables de pierre des dix grands préceptes
et du vase qui conserve la manne (Ex 30,32-34).
Mais Jésus veut amener plus loin encore ses auditeurs.
Jusqu’alors la Parole de Dieu a été une parole écrite sur des tables de pierre.
Elle apportait la connaissance du bien et du mal, et elle indiquait le droit chemin de la vie.
Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur,
moi qui te commande aujourd’hui d’aimer le Seigneur ton Dieu,
de suivre ses chemins, de garder ses préceptes, ses règles et ses coutumes (Dt 30,15-16).
Mais une Règle, la plus belle soit-elle, ne peut qu’indiquer la direction à suivre;
elle ne donne pas la force d’accomplir ce qu’elle prescrit, de vivre et agir selon la Règle.
Jésus va se présenter comme celui qui vit parfaitement la Règle de Dieu
et qui peut donc aider ses disciples à vivre selon la Sagesse de Dieu.
Et comme la Règle est comparable au pain qui nourrit et fait vivre,
Jésus se présente comme le pain de vie, le véritable pain.
Car il est non seulement celui qui « dit » la Règle de Dieu
mais celui qui la « fait vivre » en s’unissant d’amitié à celui qui l’accueille
et qui se nourrit de lui.
Dans les heures difficiles, dans les moments d’épreuve, voire de tentation,
il ne suffit pas de savoir la règle de vie, il faut aussi et surtout avoir la force de la vivre.
L’amitié de Jésus, l’intimité qu’on peut vivre avec lui, peuvent nous y aider.
Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est Christ qui vit en moi, dit l’apôtre Paul.
Ma vie, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi (Ga 2,20).
Mais comment parvenir à cette intimité avec Jésus? C’est le thème de notre récit.

Tel est le pain descendu du ciel: non pas comme ont mangé les ancêtres 
et ils sont morts. Qui mange ce pain vivra pour l’éternité.
Le pain qu’ont mangé les ancêtres est donc celui de la Tora:
sagesse de Dieu révélée à Moïse que les Juifs apprennent par coeur dès leur jeunesse.
Pour bien saisir les propos imagés de Jésus, il faut se replonger dans les coutumes de la Bible.
À l’époque de Jésus la seule transmission possible de la connaissance est le bouche à oreille.
Certes il existe des rouleaux d’écrits, mais ils sont volumineux et peu nombreux.
Dès son jeune âge, le jeune Juif va apprendre par coeur la Tora
que son père lui transmet en la récitant et que sa mère lui fait répéter.
Le père met donc dans la bouche de son fils les mots même de la Tora de Dieu.
Il lui faut les dire et les redire à voix haute, les chanter même, en se balançant
pour que peu à peu ils s’impriment dans sa mémoire.
Puis ce sera le rabbi qui transmettra son savoir à ses appreneurs par le même procédé.
Ainsi l’enseignement passe des lèvres de l’enseigneur aux lèvres de l’appreneur.
Il est comme mastiqué dans la bouche récitante: on le mange et on s’en nourrit.
«Fils d’homme, nourris ton ventre et remplis tes entrailles de ce rouleau que je te donne.»
Je le mangeai: il fut dans ma bouche d’une douceur de miel (Éz 3,3).
Il nous est difficile de réaliser concrètement ces images.
Nous sommes aujourd’hui des gens du visuel bien plus que de l’oral.
Mais, lorsqu’il s’agit de la parole de la Bible, il s’agit de mots à écouter.
Bien plus, il s’agit de mots à imprimer dans notre mémoire,
dans cette ‘mémoire du coeur’ (au sens de la Bible) qui est le centre intime de notre être,
là où se prennent les choix de vie, où se décident les manières d’agir.
L’apprentissage de mémoire (que nous nommons d’ailleurs du joli mot d’apprentissage par-coeur)
se fait en répétant les mots et les phrases.
L’apprentissage est plus facile si on répète à haute voix en chantonnant et se balançant.
Telles sont encore les pratiques juive et musulmane.
Les chrétiens seraient-ils dispensés d’imprimer en eux les paroles de leur Maître?
Celui qui « buccalise », qui fait rouler dans sa gorge les mots même de Jésus,
celui-là expérimente concrètement ce qu’est manger le pain de Jésus.
Ainsi celui qui aura mangé ce pain des paroles de Jésus, qui aura écouté ses leçons de vie,
celui-là pourra instinctivement les mettre en oeuvre et les transformer en gestes quotidiens.
Il vivra et agira réellement selon les paroles de son Maître.
Peu à peu se développera une unité profonde entre l’Enseigneur et l’appreneur:
Si vous retenez mes paroles, vous demeurerez dans mon amour (Jn 15,10).
L’aboutissement de cette communication des règles de la vie divine,
c’est que tout l’être de l’Enseigneur s’incarne dans celui de ses appreneurs:
Le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde.
Celui qui est en communion intime avec les paroles de Jésus, celui-là ne fait plus qu’un avec lui.
Il a -pour ainsi dire- assimilé son être, sa personne, sa chair.
L’Évangile dit que le Verbe (la Parole divine) s’est faite chair (Jn 1,14), que Dieu s’est fait humain.

Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.
Dans la langue de la Bible, l’expression « chair et sang » désigne l’être humain tout entier.
De là viennent les expressions jumelées de la chair (à manger) et du sang (à boire).
Le réalisme de l’expression ne signifie pas qu’on parle de cannibalisme,
mais de communion, d’inhabitation spirituelle.
L’assimilation des paroles et des gestes du Maître réalise une unité organique vivante.
L’aliment qu’est la parole de l’Enseigneur devient vie en celui qui l’ingurgite.
L’appreneur va agir avec son Enseigneur, par lui et en lui.
C’est une communion plus réelle encore que celle de l’union de l’homme et de la femme,
dont la Bible nous dit qu’ils seront une seule chair:
Aussi l’homme laisse-t-il son père et sa mère pour s’attacher à sa femme,
et ils deviennent une seule chair (Gn 2,24).
Ailleurs, l’Évangile nous décrit en d’autres images le réalisme de cette communion:
Si quelqu’un m’aime, il observera ma parole et mon Père l’aimera
et nous viendrons en lui et nous établirons chez lui notre demeure (Jn 14,23).
L’amour qui unit Jésus à ses disciples est toujours à base de paroles
qui sont en mémoire pour être mises en pratique;
c’est-à-dire que l’amour se réalise dans la communion des volontés et des agirs.
Aimer Dieu et son Envoyé, c’est découvrir -en eux et en leur parole- la vérité de la vie
et c’est surtout vivre selon cette vérité découverte et comprise.
«On ne comprend bien que ce qu’on s’efforce de vivre.
Si nous voulons comprendre tout ce qu’on peut comprendre de Jésus et de l’Évangile,
il faut vivre à fond tout ce qu’on a compris.
La lumière de l’Évangile n’est pas une illumination qui nous demeure extérieure:
elle est un feu qui exige de pénétrer en nous pour y opérer une transformation.
Avec Jésus nous pouvons devenir des « viveurs de Dieu » dans le quotidien de nos vies.
Nous pouvons être «ce petit coin d’humanité
où la Parole de Dieu peut se faire chair pour continuer les gestes et la vie du Christ».
Il s’agit de vivre en ami de Jésus, dans la recherche commune de la vérité
et par la communion des pensées et des actes» (G. Convert, Le mystère Jésus,.
L’on sait que les repas sacrés étaient des coutumes fréquentes au temps de Jésus.
Le repas de la Pâque, celui du sabbat rassemblaient les familles dans les maisons privées.
Des groupes pieux comme les Pharisiens et les Ésséniens pratiquaient de tels repas.
Les Ésséniens avaient transposé dans leurs repas sacrés bien des coutumes du Temple,
puisqu’ils ne fréquentaient plus celui-ci.
Comme le repas sacré met en communion avec Dieu,
ainsi les repas de Jésus avec ses appreneurs les mettaient en communion réelle:
Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, Je suis au milieu d’eux (Mt 18,23).
C’est en leur faisant connaître tout ce que le Père lui a transmis
que Jésus fera de ceux qui l’écoutent bien plus que des appreneurs et des disciples:
Je vous appelle amis,
parce que tout ce que j’ai entendu auprès de mon Père, je vous l’ai fait connaître (Jn 15,15).
Ainsi donner sa chair signifie, pour Jésus, donner sa vie avec amour,
c’est-à-dire vivre pour et en celui qui accueille sa parole.
Comment comprendre l’étonnement des Juifs qui se demandent
comment ce Jésus peut donner sa chair à manger?
Il y a sans doute ici le procédé habituel de l’évangéliste
qui se sert des qui-pro-quos pour faire avancer la réflexion.
Mais les Juifs ne peuvent pas comprendre l’intimité à laquelle Jésus les appelle:
«ils se refusent à dépendre radicalement, pour la vie éternelle, de ce Jésus qui leur parle,
dépendance intolérable et même sacrilège pour qui ne connaît de sauveur que Dieu.»
(X. Léon-Dufour, Lecture de l’Évangile selon saint Jean, t. 2, Seuil 1990, p. 163). Bellarmin 1994, p. 169)

Et moi je le ressusciterai au dernier jour.
Si l’assimilation des paroles de Jésus -qui sont les paroles du Père-
nous unissent à lui dans l’amour, alors nous vivons de Dieu, nous connaissons Dieu,
au sens biblique de ce verbe qui signifie la connaissance intime que donne l’amour.
Jésus dira: la vie éternelle c’est qu’ils te connaissent, toi et ton envoyé (Jn 17,3).
Vivre et aimer comme Jésus, c’est vivre et aimer en union avec Dieu l’Éternel.
C’est être animé -au sens le plus fort de ce mot qui vient d’âme (la vie)-
de l’Esprit du Père qui est esprit d’immortalité.
Kabir, un disciple de Ramananda, qui vécut en Inde au 15e siècle, a écrit ce récitatif:
« Ami, espère en Lui pendant ta vie, connais pendant ta vie, comprends pendant ta vie,
car dans la vie est la délivrance.
Si tu ne brises pas tes liens pendant ta vie, quel espoir de délivrance auras-tu dans la mort?
Si nous Le trouvons maintenant, nous Le trouverons ensuite.
Sinon nous ne ferons que demeurer dans la Cité de la Mort.
Si tu es uni à Lui dans le présent, tu le seras dans l’Éternité.» (cité dans Moreau, De bouche à bouche).
Mais cette vie en communion avec le Dieu Vivant,
Jésus l’assure à ses disciples pour maintenant et pour l’au-delà de la mort.
Mes brebis écoutent ma voix et je les connais
et moi je leur donne la vie éternelle (Jn 10,27-28).
Si le pain donné par Jésus est vraiment le pain qui demeure,
c’est que le lien avec Jésus nous conduit à la résurrection.
Cette certitude d’être conduit à la résurrection par Jésus,
nous vient de sa victoire sur le mal. Victoire dont la croix est l’emblème.
Face aux reniements des siens, à la trahison de Judas, au rejet des chefs du peuple,
Jésus a vécu le jusqu’au bout de l’amour.
En lui ne se trouvent jamais ces germes de mort que sont ressentiment, haine, violence.
Ce qu’a écrit Jean Lacroix de l’amour traduit bien la pratique de Jésus:
«Aimer, c’est promettre et se promettre
de ne jamais utiliser les moyens de la violence envers ceux qu’on aime.»
En aimant jusqu’au bout, jusqu’au pardon, jusqu’à se livrer à la mort de la croix,
Jésus est l’humain en qui ne se trouve aucune trace de mal, aucun germe de mort.
Ressuscité par le Père, il est et sera pour toujours source de vie et d’amour
pour tous ceux qui l’accueillent dans leur vie.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle.
Le couple « chair et sang » nous renvoie probablement à la fin tragique de Jésus:
au don de sa vie sur la croix.
Dans les sacrifices du Temple, « chair et sang » désigne la victime animale qui est offerte:
sa chair sera mangée et son sang versé sur l’autel.
La victime offerte réunira, dans une même communion en Dieu, ceux qui font l’offrande.
Ainsi sera la vie de Jésus: une offrande au Père
pour réunir dans l’unité tous les fils de Dieu dispersés (Jn 11,52).

Voilà un entretien difficile.
Il le fut pour les Juifs contemporains de Jésus, il le demeure pour nous.
Il est le tableau de fond de toute eucharistie:
on y reçoit Jésus Seigneur sous toutes les espèces: celle du pain et celle de la Parole.
Comme l’écrivait Marcel Jousse, dans son beau livre La manducation de la Parole,
«dans cette synthèse [du pain et de la Parole],
nous avons ce qui était au début le tabernacle normal du Christianisme.
C’était la communion sous toutes les espèces. Vous avez désséché tout cela.
Vous faites faire la première Communion à vos enfants,
faites-leur donc faire aussi leur première Récitation de l’Évangile» (Gallimard, 1975, p. 245).
La messe c’est tout autant la table de la Parole que la table du Pain.
Et qu’il ne faut jamais séparer l’une de l’autre.

Georges Convert
»»» Questions
  1. Quel est le sens du repas dans la culture de la Bible?
  2. Comment les Juifs apprennent-ils la Tora?
  3. Comment se comprend l’expression: qui mange ma chair?
  4. Quel est le sens de l’expression: chair et sang?
  5. Comment ce texte peut-il inspirer notre façon de célébrer l’Eucharistie?
  6. Pourquoi Jésus peut-il promettre la résurrection à son disciple?

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