Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 16 juillet 2017

par Mario Bard.

Aimer : une réaction agricole en chaîne

Cette parabole aux accents agricoles se comprend plus ou moins bien dans les mentalités modernes et citadines. Alors qu’elle est tellement simple à comprendre! Non? Peut-être que le retour d’une agriculture urbaine nous permettra de mieux saisir l’ampleur de la tâche qui attend notre cœur : laisser la terre être nourrie, se laisser semer, attendre, laisser pousser, récolter. En avons-nous simplement la patience?

Ma petite expérience d’entretien de différentes plantes vertes de maison me donne des indices sur la délicate opération qui doit s’opérer quand on décide de pratiquer l’agriculture. Par exemple, la tomate. Elle est capricieuse : besoin de beaucoup de soleil, beaucoup d’eau, et gare au jardinier qui aurait le malin plaisir de la changer de pot : elle déteste! Ou bien les fleurs appelées pensées, si fines et si jolies. Elles ont besoin de lumière pour manifester leur magnificence, mais le soleil si précieux peut les tuer ou les rendre moins éblouissantes. Bref, vous aurez compris le défi que représente la culture de nos amis les plantes, arbres, arbrisseaux et autres végétaux. Le temps et la patience peuvent nous manquer, tout comme l’écoute de la parole de Dieu.

Cette écoute si précieuse nous permet d’enraciner la parole, non seulement dans la mémoire de notre cerveau, mais si l’écoute est réellement prise au sérieux, si elle touche vraiment les cellules de notre intelligence, elle produit cette réaction qui va droit au cœur, muscle puissant et fragile à la fois, qui emmagasine doucement, sûrement et lentement, imprime dans son lobe la Parole. Une parole qui devient, parce qu’imprimer au cœur, une action qui transforme les actions de mes muscles en bonne nouvelle. Une transmission physique que notre sang – à partir du cœur – transporte, conduite, apporte aux extrémités de mes orteils, de mes doigts, de tout ce qui me fait « personne humaine ». D’ailleurs, le verbe faire n’est peut-être pas juste ici. Si j’écoute avec patience, prie, laisse la Parole être imprimé au cœur de mes lobes de cerveaux, de cœur et de poumons, je pourrai marcher en être agissant selon celle-ci. Je pourrai devenir « engendré ». Sans crainte de demain, d’hier, d’aujourd’hui.

Mais, je le répète – et à l’heure de l’instantané, piton précieux qui nous permet un accès au monde virtuel illimité – en avons-nous la patience? Prenons-nous le temps de cette récolte bien concrète, physique, qui du cœur de ma chair, se transforme en chemin d’action évangélique pour le monde? La récolte ne peut venir que dans un cœur qui se prépare, au jour le jour, avec beaucoup de patience. Par une écoute simple, active et intelligente, questionnant, remuant, se réjouissant que cette Parole soit si simple et si vivifiante.

Un autre élément nutritif, encore plus important que la patience, est cette relation confiante que nous établissons avec le Fils de l’Homme de l’Évangile, Jésus le Christ, l’ingrédient principal étant la confiance. En quoi? En cet amour qu’il donne sans limites. L’engrais, la terre, l’eau, la lumière; tous ces ingrédients portent un seul nom : amour inconditionnel. Y croyons-nous? En avons-nous la patience? Avoir la force tranquille de se laisser labourer, se laisser aimer, la première action avec laquelle la petite graine semée par le Bon Dieu peut grandir dans notre terreau intérieur et devenir un champ magnifique, nourrissant de sa richesse nutritionnelle la terre entière, l’espace, le cosmos!

Mario Bard

One Response

  1. Merci pour les envoies, Ils nourrissent mes meditations et ma prière.

    Père Yvon Paquin oh

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