Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 13 août 2017

par Mario Bard.

Voter pour la vie

Notre rapport à l’eau, à l’océan, aux lacs et aux mers a bien changé depuis cette époque où Pierre a manqué de foi. Nous savons que des plus petits aux plus immenses, les plans d’eau sont essentiels à la vie. Ils apportent un équilibre à la terre qui lui permet de nous donner la pluie, l’humidité et tant d’autres éléments nécessaires à l’épanouissement de toutes les races humaines et de toutes les espèces végétales et animales. L’eau est source de vie.

À l’époque de Pierre, la seule chose qui soit vraiment bonne concernant l’eau est qu’on puisse la boire ou en tirer des poissons. Mais attention : dans certaines régions de la terre, on lui préfère souvent des boissons alcoolisées puisque l’eau stagnante qui se trouve dans les puits peut, surtout quand il n’a pas plu beaucoup, devenir source de maladies mortelles, phénomènes que l’on observe encore aujourd’hui en Afrique ou dans certains pays d’Asie. L’eau peut être source de morts.

Donc, c’est dans la mort que notre ami Pierre s’enfonce lorsqu’il tente, au cœur de la tempête, de marcher vers Ieshoua. La peur l’enfonce dans la mort.

Alors, de quoi Pierre a-t-il peur? Pourquoi s’enfonce-t-il? N’est-ce pas une bonne leçon pour nous qui, trop souvent, au cœur de nos cœurs, doutons de l’humain que nous sommes?

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Les paroles du président états-unien résonnent encore dans ma tête. Le « feu et la furie… comme nous n’en avons encore jamais vu sur la terre », ou quelque chose comme ça… Derrière la façade de quelqu’un de fort se trouve un cœur qui n’aime pas l’humanité et qui déteste profondément les leçons de l’Histoire. Renfrogné, têtu, il transforme ses vacances en champs de terreur. Comment surmonter ma propre peur d’un véritable conflit nucléaire mondiale? En continuant de promouvoir avant tout l’être humain. Ne pas accepter d’entrer dans la rhétorique militaire, mais entrer résolument dans une rhétorique dans laquelle l’évolution de l’être humain est première. Sans me laisser bercer par l’illusion que l’argent règlera tout. En acceptant simplement de ne plus avoir peur de dire non à la guerre et oui à la paix. Un chemin long, tortueux, car il part du fond de mon cœur si souvent colérique et fermé. Je n’ai pas le choix pourtant. Si je veux un jour que les enfants de l’avenir grandissent dans un monde où la menace nucléaire, ou bien la famine organisée par les financiers et les politiciens avides de pouvoir ait le dernier mot, je dois combattre en mon cœur. Avec Ieshoua, et sans peur. Plus encore, cette barque, symbole de l’Église au milieu de la tourmente, doit être capable de reconnaître d’abord son Sauveur comme un Prince de la paix plus que comme une bouée de sauvetage à des traditions humaines ou bien à des théories vides et passéistes qui confortent des minorités peureuses.

Le feu et la furie? Oui : ceux de l’amour. J’ai peur de cette guerre nucléaire. Sans farce. Je préfère m’enfoncer dans un lac et crier vers lui. Je manque de foi. Mais, je dois me rappeler que, malgré la supposée naïveté de ma démarche, c’est la seule qui est capable à long terme de produire les fruits que le Messie Ieshoua, devenu Christ par l’amour du Père et de l’Esprit, a produits depuis 2000 ans dans les cœurs capables de transcender son message pour leur époque. Ne plus être un mini-croyant. Grandir et devenir un croyant. Avoir foi dans l’être humain au lieu d’être un chrétien cynique qui préfère voter pour des guerriers peureux. Au risque de la croix.

Mario Bard

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