Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 27 août 2017

par Mario Bard.

Pour reconnaître, il faut savoir délier

Délier la vie pour qu’elle soit vécue en abondance! Délier les âmes des nœuds multiples qui peuvent les habiter. Délier les cœurs endurcis, les rendre plus souples et plus ouverts à recevoir l’amour d’un Dieu père qui ne cherche que notre bonheur. Délier les langues les plus savantes et les rendre agiles dans l’intelligence du cœur. Rompre avec des traditions individuelles et collectives qui empêchent l’être humain de grandir et d’être délié par celui qui peut tout. Savoir pardonner et savoir recevoir le pardon.

Celui qui peut tout? Mais oui, ce Père présenté dans l’Évangile n’est pas seulement un père. Société patriarcale oblige, peut-être que Ieshoua doit parler en ces termes. Mais, son Père n’est pas colérique. Il regarde les petits avec compassion, une grande charité et beaucoup de bonté. Ce Dieu n’est pas celui qui dirige avec un cœur de fer. Il a, pour son peuple, un cœur de chair
« lent à la colère et plein d’amour ». Ce Roc de l’Amour inconditionnel, est-ce que nous osons aujourd’hui le construire? Et ce, malgré les turbulences appelées Trump, Néo-Nazie, Kim Jung un, et autres macabres personnages qui désirent d’abord parler par le poing avant que de connaître l’autre.

Lier et délier n’est pas garder sauvagement perdu dans son monde un être qui lutte pour retrouver un peu de lumière : quelle terrible Dieu peut nous apprendre pareille machination du cœur? Lier et délier n’est pas dominer l’autre au point de le rendre inconnu à lui-même comme dans le roman de Margaret Atwood Handmaid’s tales, traduit en français par La servante écarlate. Un roman dont l’action se déroule dans un monde où des néoconservateurs extrêmes ont gagné une partie du pays, après une guerre qui, on le devine dans la série télévisée inspirée de l’œuvre écrite, aura rendu les femmes et les hommes en majorité stérile. Cette société relègue les femmes à la maison, sans aucun droit de parole, et certaines femmes deviennent les porteuses d’enfants. Lesquelles deviennent une monnaie d’échange entre pays? Les mains des femmes deviennent liées; elles ne peuvent faire que ce que les hommes ont décidé. De nouveau, un sexe domine l’autre sans vergogne, et tant pis si cela mène au suicide, à la folie ou bien au déchirement intérieur qui, inexorablement, fera mourir.

Cette liaison d’un individu qui devient un esclave est bien ce que le père ne veut pas. Il désire, et la vie de Ieshoua est pleine d’exemples. Alors… si le père de Ieshoua ne lie pas au sens d’attacher, mais délie au sens de pardonner, pourquoi laissons-nous nos nœuds intérieurs prendre les dessus? Au cœur de Dieu, réside le déliement des pécheurs pour que, libérés du péché – ce qui les coupe de l’amour de Dieu – ils puissent eux aussi devenir des « délieurs » d’espérances, si j’ose inventer. De cette révélation en nous, naît la rencontre avec celui qui est, et dont Pierre reconnaît l’existence.

Mario Bard

One Response

  1. Étienne Godard

    Pour reconnaître il faut savoir délié écris-tu Mario.
    J’ai rencontré un délieur aujourd’hui, il m’a écouté, nous nous sommes regardés avec humanité et un ange est passé!

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