Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 29 octobre 2017

par Mario Bard.

Au temps de l’accointance, dépasser nos romances

Au temps de la romance, des accointances et de la recherche de copinage à tout prix, aimer peut vouloir dire aimer celui ou celle qui nous fait du bien, celui qui nous aime, celui qui nous adule. Signe d’immaturité, ces points sont en plein ce que le président américain comprend de l’amour.

Il veut tuer ses ennemis Nord-Coréens avec les armes les plus puissantes du monde, détruire la vermine en tapant sur la mouche avec un marteau plus gros que

Est-il facile d’aimer? Non. Ceux que l’on dit aimer. Souvent teintés de nos propres égoïsmes, nous n’arrivons que difficilement à marcher avec amour.

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Le verbe aimer peut aussi se conjuguer au romantique. Je ne crois pas que notre Dieu soit contre. Au contraire, il y a les débuts qui sont souvent teintés de cette passion romantique. Ces moments magiques où l’autre nous paraît comme… un dieu, une déesse, une idole. Nous l’admirons, tant dans ses défauts ou qualités. Mais, pour durer, la relation doit s’approfondir sinon, l’autre finit par devenir le dictateur de nos émotions, de ce que nous vivons ; il n’est plus qu’une chose, objet de notre dévotion. Et cette relation n’est plus une liberté, mais un esclavage qui nous tue à petit feu.

Si un couple est à l’écoute de chacune des étapes qui composent la relation humaine, il évoluera. Jusqu’à remettre en question l’existence même du couple. Jusqu’à regretter les débuts qui étaient toujours teintés de romantisme exacerbé. Jusqu’à se demander : mais pourquoi sommes-nous ensembles? Et si, pourtant toujours amoureux, voulant aller plus loin, les êtres qui le composent désirent tout de même continuer, ils pourront choisir de faire évoluer le couple vers un don. Le don de soi en société. Teintée du respect mutuel, de la force toujours présente des débuts et désirant un avenir meilleur, les amoureux pourront évoluer vers l’Agape.

Je me demande si, du moins pour les chrétiens, la relation avec Dieu n’est pas un peu du même modèle… Nous tombons amoureux de ce Dieu de l’Évangile. Nous le louons, l’adorons, le défendons – parfois âprement. Au risque de devenir un contre-témoignage… Notre conversion apporte des émotions, des actions et des moments de joie sans noms cela peut passer quand nous marchons dans notre enfance spirituelle. Cela devient dangereux si nous ne passons pas – avec ce Dieu – dans une relation. Celle d’un enfant avec son père. Celle d’un frère avec Jésus. Celle d’un être libre avec l’Esprit Saint…

Sans un Dieu de relation, nous n’arriverons jamais à aimer au-delà : les lépreux, les laids, nos ennemis, ceux sont qui sont impopulaires, ceux qui doivent être guéris par un premier pardon, ceux que la société a déjà posés sur un bûcher d’accusation sans procès, ceux…

C’est pourtant vers ces zones d’amour inconditionnel que voudrait nous transporter le Dieu de l’Évangile.

Mario Bard

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