Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 24 décembre 2017

par Mario Bard.

Acceptez-vous de porter et d’enfanter?

L’autre jour à la radio, une humoriste moquait méchamment cet épisode, considérant la folie d’un tel moment pour nos esprits empreints de culture scientifique qui tiennent à tout prouver. Et, ce qui n’a pas été ou bien sort de l’ordinaire n’est qu’une invention que l’on doit rejeter du revers de la main. Basta les histoires de l’Antiquité! Je suis assez grand pour penser tout seul! Mon Dieu… avons-nous deux ans?

Le monde post-moderne commet deux impairs : il se passe allègrement de Bibles et de livres de philosophie ou autres objets d’éducation de l’âme. Et quand il s’en sert, ou bien il tord les histoires qu’on y trouve pour ses propres intérêts (à 99,9 % financier et politiquement puissant avec une pincée de nouvel âgisme bien sentie); ou bien il s’en débarrasse, revendiquant la liberté de pensée, au prix de la liberté de pensée de l’autre, considéré comme archaïque.

Dommage. Cette histoire d’Annonce de la venue d’un enfant comporte tellement d’espoir! Et la naïveté qu’on y retrouve, si elle choque ou dérange, finit par ne plus déranger quand on se rend compte de toute la volonté de paix et d’amour qu’elle peut contenir. Marie dit oui à la possibilité qu’un monde meilleur existe. Elle ouvre la porte de son cœur non pas à la puissance ou la richesse, mais plutôt à la possibilité qu’enfin il y ait la paix sur terre.

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Le père Werenfried van Straaten, fondateur de l’Aide à l’Église en Détresse, publiait il y a 70 ans – 1947 – une sorte de manifeste qui deviendra le texte de fondation de l’organisation internationale. Venu soutenir « l’ennemi allemand », il a écrit ceci : « Oublier les vieilles querelles. Nous donner la main dans la clémence et la bonté. Rétablir l’amour. Car le petit enfant qui pleure dans la crèche est Emmanuel, Dieu avec nous. Et Dieu est amour. »

Il faut se remettre dans le contexte. Demander de l’aide pour les Allemands était un véritable suicide marketing. « Qu’ils crèvent! » se disaient plusieurs personnes en leur for intérieur. Le père osera penser que la paix se construit par la réconciliation et non dans la rancœur.

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Marie aussi, à une époque où les Romains sont puissants et sans aucune pitié – croyants très forts en leur supériorité d’hommes et de femmes de l’Antiquité –, osera accueillir la Parole d’espoir de l’Ange Gabriel et porter en elle le Prince de la paix. Si aujourd’hui nous aussi, nous acceptions de porter et d’enfanter le Prince de la Paix en nous, qu’est-ce que cela donnerait?

Précieux, doux et vivant Noël!

Mario Bard

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