Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 8 avril 2018

par Mario Bard.

La pierre roulée nous incite-t-elle à sortir du tombeau? Défonce-t-elle à coup de grand vent de l’Esprit Saint, notre crainte d’en sortir?

Les photos que je vois de la Judée révèlent un pays difficile, plein de pierres et de rocs. Des montagnes entières sans arbres, ou bien à peine des arbrisseaux tout petits, qui résiste grâce à quelque moment d’humidité éparse ici et là dans l’année. Peu de vie semble être possible dans une contrée comme celle-là. Pourtant, elle est là, qui s’accroche au temps et au vent. Le petit arbrisseau annonce au monde que la vie est possible partout.

La mort tragique et terrible de Ieshoua révèle au monde que c’est l’attitude sur la croix qui lui donne accès à la vie éternelle. Même sur la croix, la vie devient possible. Bien sûr, un dernier trois ans de vie exceptionnelle, révèle au monde un homme aux qualités indéniables de pasteur, de guérisseur, de rassembleur et de porteur de bonne nouvelle. Un homme de paix. Par contre, sommes-nous prêts à recevoir sa parole dévastatrice pour casser nos vieilles habitudes? Encore aujourd’hui, ce ne sont pas tous les humains qui sont prêts à accueillir ce que propose Ieshoua.

Je vais citer en exemple un fait récent d’actualité. Prendre soin des plus petits, des plus faibles et faire en sorte que chacun et chacune puissent vivre avec dignité n’intéresse visiblement que quelques-uns. Ainsi, dans l’affaire Wal-Mart – la fin d’un programme destiné aux personnes ayant un handicap mental et/ou mental —, un commentateur faisait remarquer que nos gorges chaudes et commentaires outrés devraient tourner leur langue sept fois avant de parler. Sa question au monde : quelles sont les entreprises au Québec qui possèdent de telles initiatives? Rare, très rare. Deux à sa connaissance.

Allons plus loin : qui, lorsque la pierre est roulée, sort de son tombeau et ose marcher, sans crainte, assumant ainsi totalement une position de ressuscité? Qui, dans les Églises, ose dénoncer; l’injustice; la misère de plus en plus répandue de tant de gens; des programmes sociaux désuets et immoraux; le racisme; la peur de la différence et de l’autre. Bref, qui parmi les ressuscités, sort du tombeau du silence, prend sa croix avec amour, et ose suivre l’Esprit de la lettre de Ieshoua?

Notre devoir dépasse la liturgie. Au quotidien, notre souffle de ressuscité doit faire se demander aux bien-pensants chrétiens qui ont voté pour Trump – juste parce qu’il se disait soudainement pro-vie – : quand suis-je sorti de mon tombeau pour aller à la rencontre de l’autre? Quand ai-je dépassé l’effroi de la foule et osé prendre le chemin de la croix de Ieshoua? Quand ai-je osé vivre de la résurrection?

***

Les femmes au tombeau sont saisies d’effroi. Plus tard, elles seront peut-être parmi les disciples qui recevront l’Esprit Saint. Le tombeau vide annonce un monde nouveau. Sommes-nous capables et ouverts, aujourd’hui, à présenter cette vie nouvelle, tissée de miséricorde et d’un souffle nouveau? Sommes-nous assez courageux pour affronter et prendre notre propre croix au nom de la vie véritable?

Mario Bard

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