Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 8 juillet 2018

par Mario Bard.

Connaître, au-delà de mes fantaisies

Plus nous connaissons quelqu’un, moins nous avons foi en ce qu’il est, en son potentiel d’amour et d’amitié. Est-ce l’une des conclusions qui ressort de cette parcelle d’Évangile? À quoi devons-nous nous attendre lorsque Dieu appelle? En quoi la rencontre de nos proches est-elle toujours source de non-foi? L’est-elle nécessairement?

L’amour familial est un défi constat. En effet, plus nous connaissons un mari, une épouse, un ou une enfant qui grandit, plus nous pensons la ou le connaître. La ou le posséder… Et notre niveau de foi, de fragilité, d’ouverture à l’autre devient moins grand. Nous devenons des êtres moins sensibles. Nous pensons devenir plus forts, mais dans ces moments, au fond, c’est notre cœur qui devient plus dur. Nous oublions que nous sommes, comme être humain, tissés de fragilité et de nuits intérieures. De pardons à forger tous les jours et de bontés à donner, comme un cadeau jamais arrêté.

Plus nous regardons l’autre comme une possession acquise, contrôlée – même maîtrisée! –, spécialement celui ou celle que nous côtoyons quotidiennement, plus nous nous éloignons du sens de la relation et de la rencontre. Nous devenons esclaves de nos jugements, de notre propre vision qui se reflète sans aucune autre forme de foi en l’autre. « Tu est-ce que je veux que tu sois, ne bouge pas, ne m’embrouille surtout pas! », pourrais-t-on lancer à l’autre que nous pensons connaître.

Pourquoi, au fil du temps et de notre vie, fini-t-on par manquer de foi en l’autre? Parce que nous le percevons comme une chose, une possession qui est à soi. Une chose à maîtriser aux prémices de nos propres fantaisies. Nous dérivons allègrement vers ce qui n’est pas, au lieu de porter notre regard vers un présent et un futur possible, tissé d’un regard d’amour et d’accueil. Accueillir l’autre tel qu’il est, pour qui il est, pour ce qu’il peut être au plus profond de ce produit l’amour en Lui, en Elle. Un être humain qui produit des fruits capables de transformer.

***

De la même manière, nous figeons souvent notre propre rapport à Dieu dans un moule et nous voudrions que Dieu soit celui qui s’ajuste à notre fantaisie. Ainsi en est-il de ce que de nombreux chrétiens de tradition évangélique croient : ils n’ont pas foi en une terre d’Israël partagée, mais croient plutôt que le grand Israël – fantaisie historique controversée – doit revenir pour qu’enfin, le grand retour du Christ se réalise.

En ouvrant bien les yeux, le retour du Christ Ieshoua se réalise tous les jours. Et les occasions de donner et d’accueillir les autres dans le Christ sont nombreuses. Mais, aurons-nous assez de foi pour le reconnaître et l’accueillir quand il viendra vers nous? 

Mario Bard

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