Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 9 septembre 2018

par Mario Bard.

Vers quel monde ouvrir le monde?

L’époque que nous traversons est extrêmement difficile pour le moral. La montée de nouveaux autoritarismes et les commentaires qui se tissent sur réseaux sociaux, volatils, mais souvent marquants, minent le sens même que la bonté puisse exister.

Selon moi, les sociétés du monde réalisent toujours de grands progrès d’humanité. Et malgré le « Il est interdit d’interdire » de Mai 68 – qui n’a pas eu que des conséquences heureuses –, toute une génération a pu faire ouvrir un meilleur accès pour tous à l’éducation et à la santé. Les régressions sont pourtant régulières, et nous traversons probablement l’une d’elles. Par régressions, j’entends toutes les coupures qui minent l’accès, justement, à la santé et à l’éducation. Depuis une trentaine d’année, et inspirée par des politiques néo-capitalistes, nos gouvernements successifs lui préfèrent un partage des richesses plus qu’inadéquat à de véritables politiques qui parviendrait enfin à éliminer la pauvreté. Mais voilà; l’idée que dame pauvreté sera toujours présente est bien ancrée. « Des pauvres, vous en aurez toujours, mais moi… », dit une célèbre – et controversée – parole de l’Évangile. Les plus nantis et les penseurs économiques paresseux la citent abondamment quand on leur suggère que l’on pourrait travailler sur les lois économiques de nos sociétés qui créent la pauvreté. Mais, ils n’en ont cure, lui préférant le regard éclatant d’une nouvelle richesse et le retour triomphal des monarchies si séduisante et fascinante à observer et à côtoyer. Et pour ce qui est des paradis fiscaux, il est de bon ton de considérer que de s’y attaquer est beaucoup trop compliqué.

« Effata », « Ouvre-toi » est l’une des plus belles paroles de l’Évangile. Cette invitation de Ieshoua de Nazareth à ouvrir notre cœur et notre corps à l’abondance que peuvent apporter son amour et sa vision des choses sont de moins en moins populaires. On lui préfère notre bon système économique, nouveau dieu qui règle tout… du moins pour ceux et celles qui peuvent accéder à ces grandeurs; cuisines de luxe, salon somptueux, président à portée de main…

L’élection du trompeur de la Maison-Blanche il y a presque deux ans est le reflet de ce désire intime, porté par tant d’être humain, d’accéder à la richesse incommensurable que permet un compte bancaire bien garni et des investissements dans la finance qui soutiennent un style de vie dans lequel, le mot d’ordre est « ce que je veux maintenant, je l’aurai maintenant, coûte que coûte. » De plus en plus, je le veux… tout de suite, sans regard sur les conséquences qui touchent l’ensemble du système. Depuis près de 70 ans, la classe moyenne nord-américaine et la classe riche, majoritairement situées en Amérique du Nord et en Europe, ont pu réclamer ce qu’elle voulait selon la pensée du « tout, tout de suite ». Les conséquences sur la planète sont désastreuses et notre maison commune vit des dommages qui sont peut-être irréparables. Nombre d’espèces animales et végétales pourront certainement survivre sans notre présence.

S’ouvrir à Dieu, demander pour son esprit et pour soi l’Effata, s’ouvrir à l’Esprit de l’Évangile, c’est réussir, aujourd’hui et maintenant, à dire les choses qui feront baisser l’influence de la balance des requins de toutes sortes, idéologiques et économiques, afin qu’advienne un monde où tout un chacun puisse aspirer à une véritable qualité de vie. Est-ce que, comme chrétien, j’ai le courage d’ouvrir mon cœur aux silences meurtris des plus pauvres que moi, de me faire la voix forte, avec eux, d’un monde plus juste et plus humain? Vers quel monde l’esprit même de Ieshoua de Nazareth, lequel fait partie de la Sainte-Trinité, me mène-t-il?

Mario Bard

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