Évangile du dimanche 21 juin 2020

Du pain sur la table

12e dimanche ordinaire (année A), selon l’écrit de Matthieu (10, 26-33)

26 Ne craignez donc pas [vos persécuteurs]!
Car il n’y a rien de voilé qui ne sera pas dévoilé.
et rien de caché qui ne sera pas dévoilé.

27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le dans la lumière.
Ce que vous entendez à l’oreille, proclamez-le sur les terrasses.

28 N’ayez pas de crainte de ceux qui tuent le corps
mais ne peuvent tuer l’âme.
Craignez plutôt celui qui peut faire périr et l’âme et le corps dans la géhenne.

29 Deux moineaux ne se vendent-ils pas pour un sou?
Cependant aucun d’eux ne tombe à terre à l’insu de votre Père.

30 Et les cheveux de votre tête, tous sont dénombrés!

31 Ne craignez donc pas!
Vous êtes différents de la multitude des moineaux.

32 Celui qui se déclarera pour moi devant les humains,
moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.

33 Mais qui me reniera devant les humains,
moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux.

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Le commentaire du pain sur la table,

par Georges Convert.

Ne craignez pas! N’ayez pas peur! Soyez sans crainte!
        Quatre fois, en six versets, retentit cette interpellation.
On se souvient que ce fut le premier message de Jean-Paul II aux chrétiens
lorsqu’il fut intronisé évêque de Rome.
Cet encouragement est aujourd’hui encore plus que nécessaire pour les chrétiens
devant ce qu’on peut appeler le déclin de l’Église en Occident:
– recul de la pratique communautaire,
– désaffection des jeunes qui méconnaissent souvent la foi chrétienne,
– grande difficulté à transmettre l’Évangile,
– rareté des vocations de prêtres.
Le découragement est la tentation chaque jour présente chez les disciples de Jésus.
Mais il y a aussi les difficultés économiques (le chômage),
les conflits meurtriers en ex-Yougoslavie et dans certains pays d’Afrique,
la menace nucléaire, les désastres écologiques…
Quelle sorte d’assurance nous proposerait Jésus
pour nous protéger de tous ces conflits, pour éviter les échecs?
De quoi pouvaient avoir peur les compagnons de Jésus?

La place de ce texte dans le récit de Matthieu
Dans les lignes qui précèdent notre récit, Jésus envoie ses apôtres en mission.
On pourrait penser que cet envoi a dû être enthousiasmant pour eux!
Quelle aventure extraordinaire que d’être envoyés comme les représentant de Jésus,
avec les mêmes pouvoirs que lui
et de se savoir indirectement envoyés par le Père, par l’Éternel créateur de l’univers
pour transmettre la paix, sa paix!
Et bien, Jésus semble plutôt les prévenir que la tâche sera rude:
Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups…
On vous livrera aux sanhédrins qui vous flagelleront
et vous traduiront devant les gouverneurs païens
 (Mt 10,16-18).
On reconnaît dans ces paroles le parcours que suivra Jésus lui-même:
la condamnation par les autorités juives (le Sanhédrin)
et le transfert au pouvoir païen (Ponce Pilate).
Le message dont les envoyés sont porteurs n’est donc pas un message
qui sera forcément bien accueilli: Vous serez haïs à cause de moi (Mt 10,22).

Pourquoi la persécution?
Comment se fait-il que l’Évangile (la bonne nouvelle), puisse être refusé et rejeté?
Comment se fait-il que l’Évangile de la paix conduise à la persécution?
Nous pourrions penser que la croix n’était qu’un accident de parcours,
une incompréhension passagère entre Jésus et les chefs juifs,
quelque chose liée aux circonstances politiques du moment.
Jésus cependant a prévu cette fin, non seulement pour lui-même,
mais aussi pour ceux qui se mettront à sa suite:
N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix,
je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive, la division
 (Mt 10,34).
Le frère livrera son frère à la mort et le père son enfant;
les enfants se dresseront contre leurs parents
 (Mc 13,12).
Le message de Jésus n’est-il pas un message d’amour?
un message de pardon? une invitation à l’unité, à la communion?
N’est-il pas contradictoire qu’il conduise à la division, à la haine, à la croix?
Pourquoi cette division causée par l’amour?

  • L’amour vrai accepte de souffrir à cause même de l’amour.
    Mystère du mal… mystère de notre liberté… mystère de l’amour!
    Parce que celui qui aime en vérité ne peut que respecter la liberté de celui qu’il aime,
    l’amour ne peut contraindre, forcer l’autre à aimer.
    Dès lors, celui qui aime accepte le risque de voir celui qu’il aime se détourner de lui,
    voire se retourner contre lui, jusqu’à la haine destructrice.
            La peur de l’autre, l’insécurité profonde personnelle, la jalousie sont porteuses
    de cette transformation de l’amour en puissance de mort.
    Chacun de nous peut faire appel à son expérience personnelle.
    Quelle mère, quel père n’ont-ils pas souffert, un jour ou l’autre,
    de voir leur adolescent mal user de sa jeune liberté?
    N’ont-ils pas alors soufferts de se voir comme impuissants à l’empêcher de mal faire,
    impuissants à l’empêcher de se faire mal?
    La parabole de l’enfant prodigue illustre bien ce père souffrant d’amour, par amour
    et n’ayant comme seule réponse que sa patience ardente
    et son espérance de voir revenir le fils perdu!
    Au sein des familles, au sein des communautés, il surgit inévitablement des conflits.
    Il est si tentant, pour régler les chicanes, d’imposer des solutions
    et de vaincre plutôt que de chercher à convaincre.
    Il y a de multiples façons de faire violence à l’autre.
    Ce conflit entre les libertés
    -chaque partenaire a sa vision du bien et il prétend l’imposer à l’autre-,
    c’est ce conflit qui amène la division.
    N’est-ce pas souvent notre manque d’intelligence (davantage que notre mauvais vouloir)
    qui nous fait diverger dans la façon de voir ce qui est bon et ce qui est bien?
    On pourrait dire des conflits ce que Jésus a dit des pauvres:
    Vous en aurez toujours parmi vous (Jn 12,8).

    Comment Jésus nous conseille-t-il de réagir dans les conflits?
    Là où votre paix n’est pas accueillie, partez (Mt 10,14).
    Quand on vous pourchassera dans une ville, fuyez dans une autre (Mt 10,23).
    Il ne s’agit pas de vouloir à tous prix convaincre.
    On ne saurait, par exemple, imposer la foi à quiconque.
    On ne saurait imposer notre point de vue sur l’avortement par la violence.
    La vérité se fera reconnaître par elle-même: Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé.
    Respecter l’autre, même s’il peut avoir tort, est plus important
    que de vouloir défendre sa propre vérité à n’importe quel prix.
    Il y a une « rage théologique » faite d’intolérance, de fanatisme et de violence
    qui n’est pas chrétienne, même si elle est parfois commise au nom de Dieu.
    Le dialogue avec l’autre pour «marcher ensemble vers une vérité plus grande»
    fait partie intégrante de l’identité du disciple de Jésus.
            «Nous ne voulons pas passer sous silence
    que les Églises également ont été souvent des témoins ambigus de la réconciliation
    et le sont aujourd’hui encore.
    La méfiance et les peurs réciproques troublent l’expérience de l’unité dans le Christ
    et de sa force libératrice.
    À notre grande honte, nous devons admettre que même l’évangélisation s’est réalisée
    en partie sous la menace et avec l’usage de la violence.»

             (Comité central de la Conférence des Églises protestantes et orthodoxes européennes
    et Conseil des Conférences épiscopales catholiques d’Europe, 1995
    )
    La seule vérité dont nous, chrétiens, soyons porteurs avec certitude est celle-là:
    tu aimeras ton prochain… même s’il se veut ton ennemi.
    Ce qui doit toujours guider la conduite du disciple de Jésus, c’est l’amour.
    Là où la charité est la première Règle, là règne la vérité.
    Le disciple de Jésus ne saurait taire cette vérité de l’amour, par crainte d’être rejeté.
    Il ne saurait jamais être dispensé de témoigner de l’amour…
    et tout spécialement de manifester son amour à celui qui le hait.
    Il est porteur de la paix de Jésus qui veut transformer la haine en amour.
    Et cela au risque de sa vie.
  • Jésus nous dit de ne pas avoir peur de témoigner, même au risque de notre vie.
    En effet si nous témoignons de cette vérité de l’amour, au nom de Dieu,
    alors l’Esprit de Dieu sera en nous pour inspirer nos paroles.
    Ne vous inquiétez pas de savoir comment parler ou que dire:
    ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là car ce n’est pas vous qui parlerez,
    c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous
     (Mt 10,19-20).
    Et si le témoignage ne convainc pas, si l’adversaire veut vaincre par la violence,
    Jésus nous dit de ne pas craindre cette violence.
    Remarquons bien que Jésus ne dit pas: «Ne crains pas car Dieu te protègera,
    ne crains pas car Dieu finira pas te donner de triompher…»
    Vouloir que Dieu protège de tout danger celui qui se confie en lui
    cela a été jugé par Jésus comme une tentation:
    Jette-toi en bas du Temple car des anges te porteront sur leurs mains…
    – Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur
     (Mt 4,6).
    Penser que Dieu nous donnera de triompher,
    c’est nier que la victoire de Jésus passera par la mort et l’échec de la croix.
    Cette victoire en ce monde, Dieu ne l’a pas donnée à Jésus.
    Le disciple de Jésus sait que la croix est inhérente au témoignage de l’amour.
    Mais sans doute ce passage par la mort de la croix est une façon de faire qui est divine.
    L’être humain, seul, a du mal à comprendre et à vivre ainsi.
  • Quelles sont, alors, nos raisons de ne pas craindre?
    C’est que, pour Jésus, il n’y a qu’un malheur qui est de perdre son âme,
    de perdre sa vie spirituelle, son identité personnelle profonde.
    Le persécuteur ne peut que détruire le corps: il n’a pas pouvoir sur notre intérieur.
    La persécution peut même être vécue comme un chemin de liberté intérieure.
    C’est ce qu’exprimait l’archevêque de Prague lors d’un synode en 1991:
    «Pendant des décennies, les Église d’Europe de l’Est n’ont pu compter que sur Dieu seul.
    Elles ne disposaient pas de protections juridiques et politiques,
    ni de biens matériels pour pouvoir affronter l’épreuve.
    C’est pourquoi nos Églises soulignent aujourd’hui que la libération n’est pas le seul grand bien:
    Dieu est le seul et unique grand bien.
    Nous avons pu faire l’expérience d’une grande libération intérieure
    quand la persécution nous a libérés des biens matériels.
    En réalité, même sous le régime communiste, nous étions libres,
    libres spirituellement parce que dépouillés matériellement.
    Et bien que nous soyons tous libres, maintenant, nous pourrions être une fois de plus esclaves:
    esclaves de nos intérêts, de l’importance de notre rôle, de nos préoccupations,
    et même du souci d’une « nouvelle évangélisation »»

    (in Le successeur, G. Zizola, Desclée de Brouwer, 1995).
    Ceux qui ont vécu les camps de concentration de la Deuxième grande guerre le disent:
    «Parce qu’ils nous avaient tout pris, nous avons appris à être pleinement libres.
    Libres de continuer à aimer ou à haïr.»

    Citons Jacques Sommet, un jésuite français qui a connu le camp de Dachau:
    «À travers le « passage à zéro »… on découvre ou non la liberté.
    La libération est peu de choses à ce moment-là. Il ne reste plus que la liberté.
    Moment positif, qui n’existe peut-être pas dans la vie de l’ouvrier
    allant depuis toujours à son usine sans se poser de questions de ce genre.
    Mais quel moment plus dangereux aussi; on peut glisser, on peut abandonner la liberté.
    Certains vivent cette situation ambigüe de liberté de façon plus ou moins consciente;
    d’autres gardent une sorte de dignité et de fierté. Pas tous.
    Certains vont se limiter à satisfaire le besoin,
    quitte à sacrifier la liberté ou la dignité qui restent.»

    Pour le disciple de Jésus, ce qui importe est de sauvegarder cette liberté intérieure,
    cette dignité de fils de Dieu que rien ni personne ne peut nous ôter,
    rien, sinon notre propre liberté de refuser Dieu et de dire oui au Prince de la haine.
    Jésus disait qu’aucun moineau ne meurt sans la permission de Dieu.
    Si tout ce qui arrive sur terre est permis par Dieu,
    combien plus Dieu a le souci de ce qu’aucun de ses fils ne perde son âme spirituelle.
    Même si nous ne vivons pas dans un contexte de persécution sanglante,
    nous pouvons connaître, un jour ou l’autre, l’épreuve du découragement:
    découragement devant notre propre péché, devant nos échecs.
    L’image noble de soi est cassée, l’idéal est brisé. La foi nous semble inefficace.
    C’est là qu’il faut s’abandonner avec confiance au Père qui nous aime.
    Dans cet abandon, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu.
    Non, rien ne peut nous séparer de l’amour et de la vie,
    sauf de dire oui définitivement au Prince de la haine:
    c’est-à-dire à celui qui peut nous faire perdre cette vie de communion à Dieu
    et nous jeter alors dans la mort de la Géhenne, dans la mort éternelle.
            On sait que la géhenne est une vallée au sud de Jérusalem:
    autrefois on y avait fait des sacrifices d’enfants aux dieux païens…
    du temps de Jésus, on y déposait les ordures qui brûlaient d’une façon continue.
    Ce feu incessant était le symbole de la souffrance de celui qui est privé d’amour pour toujours.

    L’apôtre Paul disait aux Romains le pourquoi de notre confiance:
    Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?
    Qui nous séparera de l’amour du Christ? La détresse, l’angoisse, la persécution…?
    Mais en tout cela nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés.
    Oui, j’en ai l’assurance: ni la mort ni la vie… rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu
    manifesté en Jésus Christ notre Seigneur
     (Rm 8,31-32,35,37-39).
  • Ce que je vous dis au creux de l’oreille, proclamez-le sur les terrasses.
    Mais si l’on peut perdre son âme
    en voulant imposer par la force sa vérité et en privant l’autre de sa liberté,
    on peut aussi la perdre en se taisant devant les injustices,
    en pactisant silencieusement avec les forces qui défigurent l’humain.
    Cela est vrai au niveau personnel lorsqu’on se taît par lacheté devant une injustice,
    lorsqu’on rougit de l’Évangile par crainte d’être ridiculisé ou de devoir s’engager…
    Cela peut être vrai de l’Église elle-même, comme le dit Tissa Balasuriya:
    «Les Églises chrétiennes, malgré les efforts héroïques des individus qui y appartiennent,
    n’ont pas encore voulu se convaincre que le système mondial est barbare,
    que certains hommes vivent dans l’abondance au prix de la pénurie des autres,
    que l’escalade contre la course aux armements est un crime contre l’humanité,
    que la domination masculine déshumanise la femme et l’homme à la fois,
    que le gaspillage de ressources non renouvelables est un grave délit contre l’espèce humaine.
    On se préoccupe plus de construire ou sauvegarder les institutions de l’Église
    que de présenter l’Évangile de Jésus-Christ.»

    Jésus nous a laissé son Évangile pour le proclamer au grand jour.
    C’est-à-dire pour le clamer à tous et partout comme le grand secret du bonheur,
    comme le trésor dont nous avons hérité.
    Un trésor dont nous héritons gratuitement, par l’amour, la grâce de Dieu (Lc 12,32):
    Sois sans crainte, petit troupeau,
    car c’est la grâce de votre Père de vous donner le Royaume.

    Voilà où se trouve la source de la confiance du chrétien.
    Non qu’il ne puisse connaître l’épreuve, la souffrance.
    Mais il la vit dans la confiance que Dieu peut lui donner la force de la vivre dans l’amour.
    La confiance en Dieu ne supprime pas la souffrance.
    Elle nous ouvre à la puissance de réconfort et de solidarité
    qui se trouve au plus intime de chaque être pour aider celui qui souffre.
    Se prononcer pour le Christ devant les autres,
    n’est-ce pas d’abord cela: être auprès d’eux les relais de l’amour du Père.
    Le péché contre l’Esprit n’est-il pas de douter de la force de l’amour?
    Au point que nous finissons par ne plus croire en notre vocation:
    être les relais de la tendresse et du réconfort de Dieu pour notre prochain.Qui me reniera devant les humains, je le renierai devant mon Père.
    Si nous renonçons à ce témoignage de l’amour qui est notre mission,
    Jésus ne pourra être pour nous le relais du Père.
    Paul explicite cela dans sa 2e lettre à Timothée (2,12-13):
    Si nous le renions, lui aussi nous reniera.
    Si nous lui sommes infidèles, lui demeure fidèle car il ne peut se renier lui-même .

    De la même manière que le refus de pardonner à notre frère,
    nous empêche de recevoir le pardon du Père,
    ainsi refuser de transmettre au prochain le réconfort de l’amour,
    c’est nous empêcher de recevoir ce réconfort pour nous-même.
    Renier l’amour du Christ c’est fermer notre porte à l’amour.
    Mais cela ne peut empêcher Jésus, lui, de continuer à nous aimer.
    Si l’amour ne peut s’imposer et si nous avons le pouvoir de le paralyser à notre endroit,
    nous ne pouvons faire que Jésus ne soit pas Amour, comme le Père est amour.
    Un jour ou l’autre, cet amour qui inlassablement nous espère,
    saura trouver le chemin de notre coeur.
    C’est ce que traduisait cette réponse du Curé d’Ars
    qu’on interrogeait sur le salut éternel de quelqu’un qui venait de suicider
    en se jetant dans un puits.
    «Entre la margelle et le fond du puits,
    cet homme n’a-t-il pas eu un instant de confiance en Dieu?»

    Oui, soyons sans crainte: Dieu est Amour.
Georges Convert
*** Questions
  1. Pourquoi Jésus a-t-il été rejeté et mis à mort?
  2. Pourquoi les disciples de Jésus peuvent-ils s’attendre à la persécution?
  3. Quelles sont les raisons pour les disciples de ne pas avoir peur?
  4. Comment comprendre le conseil de Jésus de proclamer son message sur les toits?
  5. Doit-on imposer la vérité de l’Évangile?
  6. Comment comprendre: Je vous renierai devant mon Père?

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