Évangile du dimanche 14 août 2016

Évangile du 20e dimanche du temps ordinaire (année C), selon le récit de Luc (12, 49-53)Du pain sur la table

49 Jésus dit à ses disciples:
C’est un feu que je suis venu jeter sur la terre!
Et combien je veux qu’il soit déjà allumé!

50 C’est un baptême que j’ai à recevoir!
Et combien je suis oppressé jusqu’à ce qu’il soit accompli!

51 Pensez-vous que je vienne donner la paix sur terre?
Non! Je vous dis. Mais plutôt la division!

52 Oui, désormais, où ils seront cinq dans une même maison,
ils seront divisés trois contre deux, deux contre trois;

53 ils seront divisés le père contre le fils et le fils contre le père,
la mère contre la fille et la fille contre la mère,
la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère.


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Le commentaire du pain sur la table,

par Georges Convert.

Jésus, un semeur de division!
Comment comprendre ces paroles à première vue surprenantes!
Sont-elles vraiment des paroles de messie,
de ce messie à qui la Bible donne le nom de Prince de la paix (cf Es 9,5)?
Notre texte prend place dans les enseignements que Jésus donne à ses disciples
tout au long de sa montée vers Jérusalem.
Il sait que ce voyage vers la ville sainte est le dernier.
En effet son enseignement est loin de plaire aux dirigeants et à l’élite religieuse.
Les avertissements donnés aux disciples évoquent donc sa destinée tragique:
Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup,
qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit mis à mort (Lc 9,22).

C’est un feu que je suis venu jeter sur la terre!
Dans le récit évangélique de Luc,
c’est d’abord Jean le baptiste qui parle de feu et de baptême:
Le messie vous baptisera dans le souffle de sainteté et le feu.
En main, il a sa pelle à vanner pour nettoyer son aire de battage
et recueillir le blé dans son grenier:
mais la bale sera brûlée au feu qui ne s’éteint pas (Lc 3,16-17).
Qu’est-ce que Jean veut dire par cette image?
Le messie, cet homme choisi par Dieu pour être roi d’Israël, va purifier le peuple:
les bons seront sauvés et rassemblés, comme on recueille le blé dans le grenier;
les mauvais seront anéantis, comme la bale –l’écorce du grain de blé– que l’on brûle.
C’est ainsi que Jean-Baptiste comprend la paix que le messie doit établir.
Il est en cela fidèle à la tradition commune.
Le peuple de Dieu sera en paix non seulement
quand il sera libéré des étrangers qui occupent le pays
mais quand le peuple sera purifié de ses éléments infidèles,
de ceux qui n’observent pas la Tora.
Par la suite, Jean sera étonné de voir Jésus parler davantage d’amour de Dieu et de pardon
que de jugement et de châtiment.
Tellement étonné qu’il enverra quelques-uns de ses disciples
pour demander à Jésus s’il est bien le messie:
Es-tu Celui qui doit venir ou devons-nous attendre quelqu’un d’autre? (Lc 7,19)
Et Jésus avait répondu en montrant ses actes:
Les aveugles voient, les boiteux marchent droit, les sourds entendent…
l’Évangile est annoncé aux pauvres (Lc 7,22).
Les pauvres sont certes des pauvres de biens matériels mais
aussi ceux qui n’ont pas étudié et donc ne connaissent pas la Tora, la Règle de Dieu.
Jésus ne rejette pas ces pauvres d’instruction.
C’est au contraire à eux qu’en priorité il adresse sa prédication:
Vous êtes sur la voie du bonheur, vous les pauvres!
C’est pour vous que Dieu règne (Lc 6,20).
Jésus ne leur parle pas de jugement de Dieu et de châtiment
mais il les invite à purifier leur cœur en vivant d’amour inconditionnel:
Aimez vos ennemis: faites du bien à ceux qui vous haïssent,
bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient (Lc 6,27-28).
Soyez pleins de miséricorde comme votre Père est plein de miséricorde (Lc 6,36).
Ce message serait-il un message de résignation?
Car ces pauvres sont en effet l’objet du mépris, de la haine, de la calomnie
de la part des gens qu’on dit « bien »:
c’est-à-dire l’élite religieuse (les gens pieux de la secte pharisienne)
et la classe politique (les riches familles sadducéennes).
Comment Jésus le messie apporte-t-il la paix à ces gens démunis et rejetés?

Pensez-vous que je vienne donner la paix sur la terre?
Qu’est-ce signifie la paix?
Dans la Bible, la paix signifie la concorde, la cohésion, l’unité.
Elle se traduit par la recherche de la concorde entre les personnes et les peuples,
mais aussi par la libération du joug:
que ce soit celui de la puissance d’occupation, les Romains
ou celui des familles riches qui exploitent les appauvris.
Pour chaque personne, la paix signifie aussi une certaine unité intérieure:
être en paix c’est être en harmonie avec soi-même, avec les autres, avec Dieu.
C’est avoir un cœur bon et non violent.
On ne peut pas être en paix avec soi-même sans être un artisan de paix
dans le milieu où l’on vit, sans chercher à accorder les cœurs,
à mettre davantage d’harmonie entre les gens.
Ils sont sur le droit chemin du bonheur ceux qui font la paix.
Ils seront appelés fils de Dieu (Mt 5,9).
Jésus est-il un messie porteur de paix? Un juif à qui l’on posait cette question:
«Pourquoi la majorité des juifs ne reconnaissent pas Jésus comme le messie?»
répondait: «Parce que Jésus n’a pas apporté la paix?»
Il est vrai qu’il n’a pas délivré son peuple des Romains
et que, 2000 ans après lui, le monde est encore rempli de conflits.
Le monde est un monde dur où coexistent les gestes de paix et les gestes de guerre.
Jésus n’ignorait pas que les artisans de paix auraient à subir les assauts des violents
et qu’ils ne triompheraient pas de tous les fauteurs de guerre.
Dans le récit évangélique de Jean, Jésus prévient:
Je vous donne ma paix, mais pas comme le monde la donne (Jn 14,27).
Je vous parle pour qu’en moi vous ayez la paix:
dans le monde vous aurez à souffrir
mais gardez confiance, je suis vainqueur du monde (Jn 16,33).
Que signifie cette victoire sur le monde? On pourrait peut-être traduire:
«Vous continuerez certes à souffrir du monde:
de ce monde qui est pétri de violence, de haine, de domination des uns sur les autres…
mais la violence et la haine ne pourront pas vous détruire intérieurement,
si vous vivez unis à moi.
Avec moi, vous garderez la paix en vous-mêmes
et vous apporterez la paix du cœur à votre prochain.»
Alors, la question qui se pose est la suivante:
Comment Jésus va-t-il être vainqueur du mal, de la violence et de la haine?
Regardons d’abord la manière dont le monde comprend la paix.
Une manière habituelle de travailler à la paix, c’est de séparer les mauvais des bons.
On veut mettre les méchants hors d’état de nuire.
Alors, on les sépare de ceux qui se considèrent comme « du bon monde »;
on les enferme, parfois même on les met à mort.
D’une certaine manière, on fait de la « purification humaine ».
Nous avons, hélas, des exemples éloquents dans les purifications ethniques
qui se déroulent sous nos yeux…
avec plus ou moins l’approbation tacite du reste du monde.
La Bible traduit cette purification par l’image du feu:
comme le feu du fondeur qui sépare le métal précieux (l’or, l’argent) des résidus,
des déchets, le feu spirituel purifie le peuple de Dieu.
La manière la plus simple de comprendre cette purification,
c’est de voir Dieu détruire les mauvais.
Ainsi les apôtres Jacques et Jean voudront faire descendre la foudre, le feu du ciel,
sur le village samaritain qui refuse d’accueillir Jésus et les siens.
Seigneur, veux-tu que nous disions que le feu tombe du ciel et les consume?
Mais Jésus se retourne vers eux et les réprimande:
Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes:
le Fils de l’homme n’est pas venu pour perdre les vies
mais pour les sauver (Lc 9,54-55).
La paix qu’apporte Jésus ne signifie donc pas la destruction pure et simple
de ceux qui font le mal.
L’esprit dont il est porteur est au contraire un esprit de réconciliation et de pardon.
Non que Jésus soit indifférent aux injustices.
S’il annonce le bonheur des pauvres,
il annonce aussi que bien des riches vont faire leur malheur.
Jésus pourra même reprendre cette image du feu pour décrire le jugement final:
allez, vous les maudits, au feu éternel préparé pour le diable (Mt 25,41).
Mais ce feu éternel n’est pas d’abord châtiment d’un Dieu qui punirait.
Le feu est conséquence du mal que l’on fait.
Il peut être l’état d’un cœur qui s’est fermé à l’amour pour toujours.
La justice doit être considérée comme le respect, par Dieu, de notre liberté:
si nous sommes libres pour faire le bien, nous sommes aussi libres pour mal faire.
[Mais ce jugement], nul n’en connaît le jour et l’heure.
Pas même le Fils. Seul le Père (Mt 24,36).
Le monde présent, celui de l’histoire, est celui de la grâce de Dieu,
de sa volonté de pardonner.

C’est un baptême que j’ai à recevoir!
Cette volonté de pardon a un coût à payer pour celui qui pardonne.
Il semble bien que Jésus utilise l’image du baptême, dans le souffle et le feu,
pour décrire l’épreuve dans laquelle lui-même va être plongé.
Rappelons-nous une réponse de Jésus à Jean et à Jacques:
Ceux-ci viennent lui demander:
Lorsque tu seras dans ta gloire, accorde-nous de siéger l’un à ta droite,
l’autre à ta gauche. Jésus leur dit: Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire,
être plongés dans le baptême dont je vais être baptisé? (Mc 10,35-40).
Quel est donc ce baptême?
On peut le comprendre par l’allusion qui est faite à la coupe.
Dans sa prière à Gethsémani, Jésus fait cette demande à son Père:
Abba, tout est possible pour toi. Si tu veux écarter de moi cette coupe…
Pourtant, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se réalise (Lc 22,42).
Dans la Bible, l’image de la coupe est souvent employée
pour dire l’épreuve de la souffrance.
Aujourd’hui nous utilisons aussi cette image
lorsque nous avons trop de soucis, trop d’épreuves: Ma coupe est pleine.
À la messe, nous redisons une phrase de Jésus lors de son dernier repas:
Cette coupe est la coupe de mon sang qui sera versé pour vous et la multitude.
Quelle est cette épreuve, cette souffrance dont parle Jésus?
Elle est reliée à la paix que le messie doit apporter.
Lors de sa venue à Jérusalem, Jésus se lamente sur elle:
Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés!
Que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants
comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes…
et vous n’avez pas voulu! (Mt 23,37).
Au message de Jésus, son peuple va en effet répondre par un refus,
par un rejet violent. Il faut bien comprendre de quel message il s’agit.
C’est en effet le message de la bonté.
Ce message entraînera la mort de Jésus.
Cette bonté qui refuse la violence n’est pas fuite
hors des drames vécus par les plus démunis.
La bonté de Jésus se traduit en solidarité.
Solidarité avec les marginalisés, avec les exclus, pour défendre leurs droits bafoués;
solidarité avec les pécheurs notoires:
les voleurs, les prostitué-es, pour dire que leur dignité reste intacte aux yeux de Dieu;
solidarité avec les lépreux et les infirmes
–dont on pense, à l’époque, qu’ils sont punis pour leurs fautes–
pour leur permettre de réintégrer la communauté;
solidarité enfin avec les gens illettrés, peu ou pas instruits, perçus comme des pécheurs
–puisque, ne pouvant pas connaître les règles de la Tora,
ils ne peuvent donc pas être en règle auprès de Dieu–
pour leur permettre de vivre la Tora:
Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école,
car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos.
Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger (Mt 11,29-30).
Une telle solidarité irrite ceux qui se jugent corrects et justes
parce qu’ils sont des fidèles pratiquants
et qui n’ont que mépris pour les ignorants et les pécheurs.
Jésus n’est pas rejeté parce qu’il lutte contre les idées des autres par la violence,
par la lutte armée, par la haine.
Répondre aux méfaits du mauvais par des actions de violence
ce serait rendre légitime la réplique violente des mauvais:
Qui prend l’épée périra par l’épée (Mt 26,52).
Or les gestes de Jésus ne pourront pas légitimer la violence qu’on va lui faire.
Jésus a la certitude que sa réponse aux violents
–qui sera de livrer sa vie jusqu’au bout en signe de pardon–
est la seule qui puisse finalement vaincre les volontés malfaisantes.
La seule espérance de pouvoir toucher le cœur de l’orgueilleux, du violent
est de se livrer à lui en un geste d’ultime amour.
Je cite un extrait d’un beau texte de Gérard Laverdure, ancien directeur de l’ACAT-Canada:
«Jésus est un chemin déroutant.
C’est le chemin d’un homme débordant de vie, de liberté et de compassion
qui se retrouve humilié, exclu lui aussi, et brisé sur une croix par la violence des humains.
Un chemin où, pour nous, le Dieu Tout-Puissant devient vulnérable,
où il se laisse rejeter, mépriser et assassiner, comme tant d’humains;
scandale pour les gens religieux, folie pour les sages de tous les temps.
Mais puisqu’il a souffert lui-même l’épreuve,
il est en mesure de porter secours à ceux qui sont éprouvés (He 2,18).
Mais n’est-ce pas aller aux limites de la solidarité, de la compassion que d’aimer
jusqu’à s’identifier aux exclus, aux torturés, aux bannis du monde?
«Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.»
Y aurait-il d’autres chemins de libération
que cette compassion qui s’identifie à la victime pour la relever
et se fait vérité et pardon pour l’oppresseur réellement repenti?
D’ailleurs l’Amour pourrait-il entrer
dans un chemin de vengeance, de violence et de mort sans se renier lui-même?»
On pourrait dire que cette épreuve du feu qui purifie, Jésus va la subir lui-même:
à la fois en solidarité avec les rejetés de ce monde
mais aussi avec les « rejetants », les violents qui excluent et condamnent leurs frères.
Ce baptême en est un du feu de l’amour:
le combat entre les forces du mal et celles de l’amour.
Jésus est pris au mot de ce qu’il prêche depuis le début.
Dans ce jugement des forces du mal,
il ne sera pas le juge qui condamne du dehors;
il ne sera pas du côté des oppresseurs mais des opprimés;
il aura partie liée avec les accusés, les condamnés,
il plongera lui-même dans le feu, il boira lui-même la coupe de la souffrance.
En sa chair, il a tué la haine, dit l’apôtre Paul (Ép 2,14).
L’amour du cœur de Jésus est resté intact. Jusqu’à la mort.
Et c’est pourquoi il est cet être humain,
ce fils d’homme dont la communion peut nous apporter la force d’aimer,
et peut nous guérir de toutes nos failles d’amour,
de tous manques et nos refus de bonté. Pouvez-vous boire à ma coupe?
Pouvez-vous être plongés dans mon baptême?
Ailleurs, Jésus dira à ses disciples:
S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi (Jn 15,20).
Origène, au 3e siècle, prêtera cette parole à Jésus:
«Qui est près de moi est près du feu: qui est loin de moi est loin du Royaume»
(Assemblées du Seigneur #51, p. 69 note 25).
Le Règne auquel Jésus ne cesse d’appeler ses disciples n’est pas retrait du monde:
c’est une exigence de purifier sans cesse nos actions
pour qu’elles soient davantage inspirées par la bonté.
Aucune action n’est totalement pure.
Tout geste comporte une part d’ambiguïté.
Il n’y a jamais purement et simplement des bons d’un côté et des mauvais de l’autre.
Mais le disciple de Jésus est sans cesse interpellé à agir à la manière de Dieu:
Soyez pleins de miséricorde comme votre Père est plein de miséricorde (Lc 6,36).

Dans une même maison ils seront divisés
N’arrive-t-il pas que des gens qui avaient eu la chance de réussir professionnellement,
ne parviennent pas à comprendre ceux qui vivent des subventions de la société?
Pour eux, les chômeurs sont des paresseux,
les émigrés devraient être retournés dans leur pays, les jeunes sont des drogués…
Ce langage dur et sans nuance peut ne pas nous sembler vrai et juste.
Mais dire notre pensée trop vite, en prenant le risque de briser l’accord du groupe,
peut nous apparaître dfifficile.
Nous pouvons craindre d’être rejeté.
Hélas, nous nous taisons parfois par lâcheté, manque de courage,
peur des divisions et des conflits.
Tous les prophètes d’hier et d’aujourd’hui ont appris à leurs dépens
que la vérité blesse et qu’elle entraîne parfois des réactions de violence:
Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage, dit le dicton.
Toute paix n’est pas celle du Christ,
et toute sécurité tranquille n’est pas forcément une valeur chrétienne.
La tolérance vraie n’est pas celle qui consiste à se taire devant les injustices.
Le mot tolérance veut dire: supporter.
La tolérance est une forme de patience.
Ce mot « patience » vient du verbe pâtir qui veut dire souffrir.
La tolérance n’est pas une fuite ni une compromission.
Elle est au contraire une force d’âme pour chercher la vérité
mais dans et par l’amour fraternel.
Ne doit-on pas la comprendre comme la force de porter la souffrance,
à la fois de celui à qui l’ont fait mal et de celui qui fait mal?
Car celui qui subit le mal –comme celui qui le fait–
ne vit-il pas une certaine destruction de l’âme, de l’être humain le plus profond,
ce qui est plus grave encore que la destruction du corps?
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme;
craignez bien plutôt celui qui peut faire périr âme et corps
dans la géhenne (Mt 10,28).
Être prêt à passer dans le feu de l’épreuve, et à boire la coupe de la persécution:
voilà le sens de notre vie comme disciple de Jésus.
Persécution de celui qui agit en être de bonté,
mais qui sera rejeté par ceux qui refusent la compassion et la miséricorde.
Et cette persécution peut surgir au sein même des familles.
Paradoxe de cette bonté qui veut apporter la paix
mais qui fait pourtant surgir la division!
Paul et Barnabé avertiront les disciples des communautés qu’ils fondent:
Ils y affermissaient le cœur des disciples et les engageaient à persévérer dans la foi:
«Il nous faut, disaient-ils, passer par beaucoup de détresses,
pour entrer dans le Règne de Dieu» (Ac 14,22).
La voie chrétienne n’est ni mièvre, ni facile.
Mais Jésus n’a pas été vaincu par le mal.
Son cœur n’a jamais été rempli de violence et de haine, ce qui aurait perdu son âme.
Il est donc devenu notre force et notre paix
si nous acceptons de communier chaque jour à son amour
et de demander avec lui au Père de nous soutenir.
C’est la prière qu’il dit chaque jour avec nous:
Père, fais que nous n’entrions pas dans la tentation
mais délivre-nous du Tentateur (Mt 6,13).
Terminons par une belle illustration de cet évangile
que nous trouvons dans une hymne de Didier Rimaud:

«Puisqu’il est avec nous tant que dure cet âge,
n’attendons pas la fin des jours pour le trouver.
Ouvrons les yeux, cherchons sa trace et son visage,
découvrons-le qui est caché au cœur du monde comme un feu.

Puisqu’il est avec nous pour ce temps de violence,
ne rêvons pas qu’il est partout, sauf où l’on meurt.
Pressons le pas, tournons vers lui notre patience,
allons à l’homme des douleurs qui nous fait signe sur la croix.

Puisqu’il est avec nous dans ces jours de faiblesse,
n’espérons pas tenir debout sans l’appeler.
Tendons la main, crions vers lui notre détresse;
reconnaissons sur le chemin celui qui brûle nos péchés.

Puisqu’il est avec nous jusqu’à l’aube de Pâques,
ne manquons pas le rendez-vous du sang versé.
Prenons le pain, buvons la coupe du passage:
accueillons-le qui s’est donné en nous aimant jusqu’à la fin»
(Prière du temps présent, p. 698, CNPL).

Seigneur Jésus, si lacheté et paresse
entreprennent de geler ta Parrole en mon cœur,
brûle-moi du feu de ton amour qui jamais ne s’éteint.
Réapprends-moi le nécessaire chemin de la croix,
don qui me baptise en ta vie donnée,
résurrection toujours renouvelée. Amen!

»»» Questions

1. Quelles sont les compréhensions différentes de Jean le Baptiste
et de Jésus sur le feu?
2. Qu’est-ce que la paix, selon la Bible?
3. La «division» dont parle Jésus l’empêche-t-elle de donner la paix?
4. Quel est le baptême que Jésus doit recevoir?
5. Qu’est-ce que la tolérance?
6. Comment les disciples de Jésus peuvent-ils être porteurs de paix
dans un monde marqué par la violence et les divisions?
7. Dans ma vie quotidienne, comment est-ce que j’allume le feu dont Jésus parle?

 

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