Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 2 avril 2017

par Mario Bard.

Laissez entrer la vie

Une de ces parties où Ieshoua témoigne de ce que la vie est plus forte que la mort. Malgré ce que nous pouvons subir ou faire subir à nos cœurs – si lent à comprendre –, la vie aura toujours le dessus sur la mort. Alors : pourquoi sommes-nous si fascinés par les forces de mort? Pourquoi laisse-t-elle nos cerveaux si peu enclins à nous laisser surprendre par son opposé : la vie?

J’ai un ami qui lutte présentement pour sa survie. Ce n’est pas son corps qui est en cause, mais son âme. Il est fasciné par les ténèbres qui émanent de la puissance qui peut être créée par des personnes comme Donald Trump ou des tyrans comme Hitler. Pas au point d’en mettre des photos sur les murs. Mais il avoue que son cœur pourrait facilement pencher du côté de ces types de pouvoirs.

Après tout, un état policier, policé, où règnent la loi et l’ordre est beaucoup plus simple à gérer que celui qui permet des manifestations de désaccord avec le pouvoir et qui laisse un droit de parole très large. Pourtant, c’est un exercice qui reflète la liberté. Être libre demande beaucoup de maturité, loin d’un esprit infantilisant et sommaire, être libre demande d’observer continuellement pratiques quotidiennes, et d’essayer de mieux comprendre ce qui ne mène pas à la vie.

Aussi, un état policier ne mettra jamais l’amour au-dessus de tout. Il interdira les manifestations trop évidentes de bonheur, et fera la promotion de ce qui rend le dictateur heureux. Notre cœur n’est libre que si l’autorité suprême manifeste du bonheur. Une vie qui n’est pas une vie, mais la mort certaine de notre âme, donnée aux puissants. Abandonner son bonheur aux mains d’une poignée de personnes qui pensent la vie comme un mur à grimper. Et tant pis pour les plus faibles…

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Ieshoua se tient à l’opposé de ces dictateurs bien-pensants aux égos démesurés. Il est tout le contraire. Ainsi, il accueille la femme adultère, guérit un paralytique et s’invite chez Zachée le collecteur d’impôt. Il rappelle également aux puissants leurs devoirs de nourrir Lazare. Puis, il ressuscite son ami. Il l’aime tant qu’il ne peut s’empêcher de demander au Père que la mort n’ait pas le dernier mot. Un geste provocateur, car certains pourraient dire qu’il est sorcier. Pour les autres, c’est la preuve que le Messie est devant eux. Pour Ieshoua, c’est avant tout un geste d’amour et d’amitié. Un geste qui procure à Lazare une nouvelle vie. Ieshoua ne peut supporter cette mort. Comme le père ne pourra supporter la mort du Fils. « Au troisième jour, il est relevé des morts… »

Le mystère est entier, et que l’on soit prosymbole ou proréalité, le fait est que c’est d’abord la bonté et l’amour qui se reflètent dans les actions de Ieshoua. Sauver son ami de la mort, c’est sauver aussi l’humanité.

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L’âme de mon ami est moins en danger. Dans le temps du carême, il a décidé de prier dans le afin que cette tentation n’entre plus en son cœur. Nos discussions sur le difficile, long, mais passionnant chemin vers la liberté ont porté des fruits. Ils ne pensent plus comme avant. Et, il réfléchit, remet en question, vérifie les faits, se renseigne à plusieurs sources. Son cœur n’a plus le goût de laisser rentrer n’importe quoi. Surtout pas les forces de la mort.

Mario Bard

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