Mon grain de sel

Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 8 février 2015

par Mario Bard.

Ieshoua : doucement, au cœur du cœur

« Au matin, alors qu’il fait tout à fait nuit, Jésus se lève.
Il sort et va dans un endroit désert, et là il commence à prier. »

J’ai toujours été impressionné par ces deux phrases. Qu’elles sont belles!
Je connais davantage la situation inverse : celle de se coucher au petit matin, quand le jour se lève, après une nuit où brillent les feux des spectacles, des bars, des discothèques et de l’illusion de la lumière.

Paradoxalement, j’ai souvent été touché par les personnes qui habitent la nuit. Leur recherche d’absolu, de tendresse et de bonheur m’émeut et me rappelle que personne n’est à juger.

Bien sûr, vous me direz que le vrai bonheur ne s’y trouve guère. Pourtant, dans ces nuits, j’ai rencontré des hommes et des femmes ayant un sens incroyable de l’humanité. Un sens de l’urgence de vivre que la plupart d’entres -nous perdons afin de travailler, étudier et fonder des familles.

Toutes choses honorables et franchement remplies de bonheur.

Mais alors pourquoi deviennent-elles trop souvent immunisées de l’urgence d’apporter la vie, de transmettre la guérison et d’ainsi, être des annonceurs de la Bonne Nouvelle dans nos milieux de vie? Notre société essaie de contrôler tous les aspects de la vie. À force de trop s’en assurer, elle semble avoir perdu l’urgence de vivre!

***

La liberté de Ieshoua est celle d’aller là où il veut, quand il le veut. En dehors des schémas tracés par les faiseurs de paradis ou les constructeurs de sociétés, il ose sortir du cadre. Celui d’un Messie qui aurait dû être beaucoup plus messianique, plus grandiloquent. Qu’est-ce que cet homme qui guérit et après demande de n’en point parler?

Le secret dont il entoure son pouvoir doit plus que jamais nous interroger. À l’heure où de nombreux coreligionnaires attendent la fin du monde et ne s’excitent que pour des prédicateurs de pacotilles, la discrétion de Ieshoua, devenu Christ ressuscité, est fascinante.

L’espoir que je porte est que nous sachions suivre son exemple de discrétion dans nos vies. Oui, nous sommes capables du pire. Mais nous sommes surtout capables du meilleur! Si nous n’y croyons pas, qui le fera?

À propos de cette discrétion, elle est peut-être là afin de permettre de laisser l’Esprit Saint, le souffle sacré, agir avec force en nous.

« Ce n’est plus moi qui vis, mais lui qui vit et agit en moi », aurait dit Saint-Paul. Le meurtrier converti est un signe que Ieshoua choisit. Il s’y infiltre. Il s’y installe, sur le bord du cœur… il attend, il saute dans le cœur. Il y fait le ménage, doucement, mais surement. Un jour, le vent de l’Esprit souffle comme un ouragan au fond de notre cœur. Il convertit, transforme, tourne le pécheur endurci vers le visage d’amour d’un Dieu père.

Alors, le disciple peut suivre et devenir éventuellement un apôtre, un envoyé qui libère la Parole de l’Évangile par ses actions remplies de miséricorde.

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Je continue de sortir la nuit. Moins souvent qu’avant bien sûr. Et les matins sont si beaux quand une journée de travail qu’on aime nous attend! Mais je me plais à penser que la lumière de Dieu agit partout et en tout temps. Jamais contre nous. Mais avec nous, en toute discrétion, même au cœur de la nuit…

Mario Bard

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