Mon grain de sel

Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 24 septembre 2017

par Mario Bard.

Être dernier, et entrer au cœur du Règne de Dieu

Sans l’ombre d’un doute, l’un des textes de l’Évangile les plus connus, surtout en ce qui a trait à la dernière phrase. Elle est si facile à dire pour les autres et si difficile à vivre pour soi. L’abondance de la grâce que nous recevons de la part de notre Seigneur, père du ciel et de la terre, devrait nous suffire à saisir que, jamais, nous ne devrions chercher la gloire pour nous-mêmes. Ce qui devrait remplir notre cœur est la recherche de la bonté, de la beauté et du partage de soi sans compter, pour Lui.

Nous saisissons si mal que Dieu ne veut que notre bien! Du moins, le Dieu de Jésus le Christ. « Mon âme se repose en paix en Dieu son sauveur », disent tant de disciples du Christ dans le monde. Ont-ils seulement conscience de ce qu’ils prient, proclament, disent, révèlent? Et de quel Dieu ressentent-ils la force? Celui qui les conforte dans une humeur où le succès se conjugue avec fortune, richesse et manque de partage? Ou bien sont-ils confortés de soutenir, d’aider, de protéger la veuve et l’orphelin? Sont-ils prêts à se donner jusqu’au sacrifice de soi, non pas seulement pour eux-mêmes, nouveaux héros des Églises, mais spécialement pour ceux et celles qui sont touchés par la nuit de l’âme et du corps?

Tant de questions, si peu de réponses…

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Devenir dernier au nom de Ieshoua, libérer de la peur de ne pas être reconnu, nous entrons dans un monde qui est peu reconnu par le monde dans lequel nous vivons : le mode de la bonté. Être dernier n’est pas une question de celui qui saura le mieux s’enfouir dans le sable du désert en criant : regarder, je suis enfoui! Ou encore, un concours de dernier qui, finalement, travaillent, vivent et sont inspirés par l’idée d’être le premier dernier… Non. Il y est peut-être ici davantage question de la justice du cœur que le Père et Dieu de Ieshoua veut diriger au cœur de notre être. Une révolution. Qui n’est pas choqué par celui ou celle qui, arriver dernier reçoit autant que nous? L’histoire est pleine de premiers, frustrés des derniers aimés comme eux, et qui finissent par renier, ou pire, par tuer celui ou celle – son frère, sa sœur – qui a osé réclamer l’amour que son cœur avait perdu au milieu des tumultes de la vie.

L’invitation de Ieshoua à regarder et à analyser les éléments cachés au fond de notre cœur n’est pas qu’un élément de plus qui se trouverait sur un beau comptoir de cafétéria remplie de nourritures bonnes, riches et belles à choisir. Il est un élément essentiel pour devenir un avec le Christ Ieshoua, son Père et l’Esprit Saint, heureuse Trinité qui s’invite et invite mutuellement et passionnément à aimer. Pour revenir à ma référence de cafétéria, ce n’est pas un souper gastronomique, c’est un petit-déjeuner, remplie de tout ce que nous avons besoin pour commencer notre journée du bon pied, avec tous les éléments nutritifs essentiels pour que notre corps ne nous lâche pas en chemin. Être dernier au nom de Dieu veut dire parfois se lever et être premier; pour travailler à changer les conditions de la veuve et de l’orphelin; pour donner un coup de main à celui ou celle qui rebâtit sa vie après les chutes liées aux dépendances; pour éduquer aux valeurs de l’Évangile tout en remettant à ceux qui peinent sous le poids du fardeau, marchant autant que faire soit peu et selon nos capacités, à côté, avec, conscient que notre propre marche est éclairée par celui qui peut tout. Sans plus.

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Les derniers sont les premiers dans le Règne des Cieux. Que ceux qui vivent, travaillent, respirent la pastorale – essentielle à la transmission de la Parole de Dieu – se le rappellent tous les jours. Sinon, ils risquent de tomber dans le piège de l’orgueil. Qui fait tomber encore plus loin.

Ô, Dieu, permets-moi de mieux comprendre cette Parole étonnante, presque insultante pour moi qui veut travailler à ta vigne. Permets-moi de me tenir à tes côtés quand tu souffres dans mes frères. J’ose te le demander, en ce début de l’automne. Est-ce que je peux t’aimer pour devenir à mon tour serviteur des derniers des derniers? Ô Trinité bienheureuse, prends-moi dans tes bras, embrasse-moi, aime-moi, malgré moi et mes péchés. Qu’au cœur de leur cœur, à la recherche du cœur du Règne de Dieu, je trouve la Joie de l’Évangile. Amen.

Mario Bard

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