Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 18 mars 2018

par Mario Bard.

Dieu choisit les pauvres

Jésus est – offre, invite, donne, propose – une réponse au mal. Des réponses, il en existe des milliers, et l’être humain en a produit et en produit sans cesse. L’originalité de la réponse de Jésus réside dans le fait qu’elle est une élévation sur la croix. Celle-ci, de macabre, sordide et totalement injustifiée, devient soudainement une occasion de miséricorde.

La parole – gestuelle d’un Nouveau Monde – n’est relatée que dans l’Évangile de Luc. « Je te le dis : aujourd’hui, tu seras avec moi au paradis. » Le Bon Larron comme la tradition chrétienne l’appellera désormais, vient de « voler » sa place au paradis, rappelle avec un brin de jalousie une Thérèse de Lisieux fascinée par la grandeur de la miséricorde. « Je ne me repens pas de m’être livrée à l’amour » écrit-elle aussi. C’est une évolution. Ou plutôt, utilisons le mot qui fait peur à bien des bons chrétiens pondérés : révolution.

  • S’il peut s’agir d’un événement malheureusement violent (la Révolution française en témoigne avec fureur autant que la révolution d’octobre 1917 en Russie), il peut aussi s’agir d’un «Changement, évolution d’une société, d’une collectivité sur le plan économique, social, culturel, etc. Révolution copernicienne. Révolution sexuelle, artistique. Révolution de la communication. La révolution agricole du néolithique. La révolution industrielle européenne du XIXe siècle. La théorie de la relativité marqua une véritable révolution scientifique. » (Dictionnaire électronique Antitode)

Ieshoua introduit au monde la révolution de la miséricorde.

Il ne peut se contenter que le monde soit un endroit où seuls les forts aient le droit de citer. Il sait que l’être humain n’est pas aussi fort qu’il le prétend, pris dans un carcan d’illusions et d’idéaux. Certes importants, ces idéaux sont souvent froissés comme du papier que l’on jette par nos propres manquements. Que de fois notre manque d’attention à l’autre nous fait manquer le bateau, celui qui mène au port de meilleures relations entre nous! Que de fois nos illusions remplies d’orgueil ferment nos oreilles à l’autre! Quand on lit l’Évangile, on s’aperçoit que l’écoute et la réponse à l’écoute, la guérison, reviennent continuellement. Il n’est nullement question mérite à acquérir, de pointage ou de petits anges à coller dans son cahier. Aussi pédagogiques soient ces méthodes, elles ne sont pas l’ultime du message de l’Évangile. Au cœur de l’Évangile, il n’est possible que de marcher avec Ieshoua sous un soleil de miséricorde, de pardon. Les véritables gagnants, ceux qui sauvent leur vie, sont ceux qui le font en apparence de la perdre. Combien de personnes vous diront que vous êtes faibles pour avoir accueilli l’enfant prodigue? Beaucoup. La bonté, le pardon, la recherche d’une vraie et bonne compassion ne sont pas évidents. Encore moins dans une société qui admire des gens comme Trump, Poutine, Xi… des hommes autoritaires dont il faut craindre les colères. Ce modèle n’a aucune place dans l’Évangile. Mais, tant de chrétiens se laissent prendre au piège…

La miséricorde donne l’impression de perdre sa vie. Pourtant, Dieu choisit les pauvres selon le monde. François d’Assise, Claire, Saint-Vincent de Paul, etc. Multitude de pauvres qui ont choisi Dieu pour vivre. Un esprit pauvre saura vivre.

Mario Bard

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