Mon grain de sel

Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 21 avril 2019

par Mario Bard

Transcender la souffrance

Un monde en pleine mutation; des découvertes impressionnantes à tous les jours; des autoritarismes qui reprennent le dessus sur les systèmes démocratiques qui se sont appesantis à cause de notre paresse et de notre manque de volonté. Et puis : Notre-Dame de Paris brûle.

Quel hasard qu’un monument à la fois aussi puissant, mais fin comme de la dentelle, soit en partie détruit au tout début de la Semaine sainte. Bien sûr, nous pouvons aussi dire que ça n’a rien à voir et que cette image de destruction d’un joyau de l’Église et de l’humanité ne doit pas interférer dans les affaires courantes; crise des abus, perte d’influence du haut clergé auprès d’une population – membres de l’Église compris – qui n’a plus confiance en eux, perte de fraternité et de simplicité au cœur même de l’Église.

Et si une nouvelle Église pouvait naître? Purifié par un feu d’amour, le retour au message et aux gestes essentiels du Christ Ieshoua trouverait de nouveau leur place dans la vie de l’Église. Le Concile Vatican II nous a permis de purifier bien davantage notre rapport à Dieu, à l’autorité, aux autres.

Le feu d’un amour plus grand et plus important que nous est un cadeau. Il permet la résurrection tous les jours. Le retour du Christ qui se fait par de petits gestes inspirés de l’Évangile : donner du pain, encourager, partager, etc.

« Cette tragédie intervient à un moment important du calendrier chrétien, et, au-delà, dans un contexte où notre société est fracturée, divisée et menacée par les haines. Elle nous rappelle avec force que dans ce monde difficile et qui perd parfois ses repères, nous avons plus que jamais besoin de fraternité, de solidarité, d’unité et de partage » a déclaré Philippe Meyer, président du B’nai B’rith France.

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Un amour plus grand que celui que je porte peut naître si je n’ai pas peur de donner à l’Évangile la première place en mon cœur. La foi chrétienne devrait toujours être liée à l’amour généré sur la croix. Un amour plus grand que celui que je peux donner seul et par moi-même. Bien sûr, ce n’est rien de facile : il faut se colletailler aux autres, aux caractères imprévisibles, aux mauvais temps du cœur qui rendent parfois les gens méchants et peu solidaires.

Si je décide librement de suivre Ieshoua, agir pour la bonté, bien qu’elle soit difficile à mettre en action, nourrit mon coeur et ma vie. La souffrance de nos croix, si elle est transcendée par un amour plus grand, peut devenir un tremplin pour que se développe, partout dans le monde, un avenir meilleur. Une résurrection qui porte les traces d’un amour décidé et voulu.

Mario Bard

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