Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 25 août 2019

par Mario Bard

Justice évangélique : aller au-delà de soi

Est-ce que les Églises chrétiennes sont préoccupées par le bien-être commun et la recherche d’un meilleur avenir pour tous? Et ce, au risque de déranger un ordre établi injuste. Ou bien sont-elles strictement tournées vers l’augmentation égoïste et sans valeur de la préservation puriste et nihiliste de leurs assemblées qui, selon elles, représentent la pureté originelle du Christ? Et qui malheureusement, reflète parfois bien davantage une pensée égoïste et peu encline à mettre en place – dans nos sociétés frileuses et peureuses – des valeurs véritablement évangéliques.

Ieshoua, sévère et sans appel dans ce passage, rappelle à son peuple d’alors qu’il n’est pas protégé strictement parce qu’il possède une « appellation contrôlée ». Pour être en Dieu et en lien avec Lui, pour être en communion avec lui, le seul nom du peuple, de l’Église, de la tendance politique ou de la commune d’appartenance ne suffit pas. Selon Ieshoua, la mise en place de la justice évangélique – grandement inspirée de plusieurs passages essentiels et marquants du Premier Testament – est d’abord ce qui prime afin d’entrer dans l’Esprit même qui habite le Dieu de Ieshoua. Celui qui donne amour et miséricorde : d’abord et pour toujours, Amen.

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Je reprends ici un extrait d’une information publiée par le site web spécialisé Présence-Info.

« Dans une question sur les préoccupations écologiques et les obstacles à la sauvegarde de l’Amazonie, le pape a déclaré : “La menace pour la vie des habitants et de la terre découle des intérêts économiques et politiques des secteurs dominants de la société.” »

Celui qui parle est le pape François. Dans une entrevue accordée tout dernièrement, il déclarait aussi à propos des décideurs :

« Ils doivent assumer des responsabilités concrètes, par exemple en ce qui concerne les mines à ciel ouvert, qui empoisonnent l’eau et causent tant de maladies. Vient ensuite la question des engrais ». Dans la même entrevue, le pape s’inquiète aussi, déclarant au passage que les décideurs doivent abandonner les pratiques complices et corrompues.

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Le pape parle de décideurs. J’ai le goût d’y inclure les décideurs religieux et spirituels, hommes et femmes. Sont-ils à la recherche de solution à long terme afin que le bien commun l’emporte sur des intérêts particuliers de leurs traditions? Pratiquent-ils une justice à la manière de Ieshoua – tant d’exemples concrets dans l’Évangile – ou bien souhaitent-ils davantage faire grandir le cercle de leurs admirateurs et, par le fait même, de leur influence… pour un temps de gloire, qui n’a rien à voir avec la croix?

Pour aller vers la croix, je crois qu’il importe de se laisser d’abord mouler le cœur par la pratique, simple et quotidienne de la justice au sens évangélique. Ouvrir la portière; donner un sourire à un autre passant; consoler celui ou celle qui pleure; donner du pain à ceux et celles qui n’en ont pas; travailler à ce que les systèmes qui régissent nos vies communes soient tournés vers le soutien réel aux plus pauvres et non sur un système qui privilégie le mérite, ce dernier étant souvent suggestif et, à la fin, très injuste. Le chantier est vaste et si difficile! Pour ne pas tomber dans les travers de l’activisme – et simplement pour se laisser aimer –, il y a la pratique de la conversation quotidienne avec Ieshoua. Les traditions religieuses chrétiennes – du moins celles que je connais – ont développé des trésors pour nourrir cette conversation; prières des heures; Lectio-Divina; repas de fraternité; messe; chansons populaires; etc. Le champ des possibles est vaste.

Encore faut-il prendre le temps de jaser un peu avec le Dieu de Ieshoua…
Et surtout, de se laisser aimer par lui.

Mario Bard

 

 

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