Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 22 septembre 2019

par Mario Bard

Résistez

Parfois, quand je regarde les réactions des gens sur les réseaux sociaux à propos de la pauvreté, de la guerre ou bien de tout autre fléau, j’ai l’impression que nous sommes revenus dans un monde où peu d’importance est accordée à la bonté, la beauté, l’intelligence et la vie des personnes qui manquent de tout. N’en sommes-nous jamais sortis?

Ce Dieu père qui marche avec un cœur de mère s’ennuie tout seul sur son nuage. Personne ne veut le regarder, l’adorer, le délivrer de son manque d’amour. Nous sommes beaucoup trop occupés à faire de l’argent. Le dieu mamon, l’argent, le profit, la performance et le manque de compassion sont des valeurs qui ont retrouvé leur gloire. Sous un Empire américain cynique qui se bat contre un Empire chinois cynique – alors que, gentiment, regardent leurs vassaux – la performance à tout prix, les statistiques élevées sur les autels comme des icônes de la nouvelle gloire et autres instruments du monde financier sont les instruments avec lesquels nos dirigeants semblent maintenant adorer. Et gare à ceux et celles qui réclament un autre monde.

Et gare à notre cœur également.

En effet, dans cette course aux profits, il est facile de tomber dans une logique qui refuse à l’être humain toute la place. La seule place. On lui préfère des idoles qui rassasient à coup de show-business et de dentelles. Les drogues ou bien l’alcool aidant, le vide se remplit de spleen et les vaisseaux sanguins bien dilatés, nous voici soudain dans une liturgie qui nous fais planer. Jusqu’à ce que les effets retombent, et que notre cœur soit totalement – de nouveau – replié sur lui-même.

Le problème de l’argent n’est tant lui-même que les propriétés insensées, virtuelles et peu réalistes qu’on finit par lui donner. L’illusoire domine et, quand le compte en banque est vide, le dieu, l’idole sur laquelle nous avions mis notre cœur nous laisse bien seul. Les amis d’hier s’en vont. Les maisons, les voitures. Tout se fraie un chemin ailleurs, nous laissant vides.

Oui, Ieshoua a bien raison : on ne peut adorer Dieu et l’argent. Parce que l’un nous aime au point de donner sa vie, l’autre se cache dans des coffres-forts et rend les humains totalement et foncièrement égoïstes. Lequel choisir? À vos pries Dieu. Et, résistez.

Mario Bard

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