Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 24 novembre 2019

par Mario Bard.

Porteur du souffle d’amour

L’année pastorale se termine sur une note de miséricorde, une note de joie pour notre condition humaine, une note d’espérance aussi. Toutes ces notes jouant ensemble sont le signe et le coeur d’un Nouveau Monde à construire. Qui est pourtant loin d’être achevé.

Les signes des temps sont difficiles à analyser. Nous sommes en constante évolution et notre coeur n’a pas beaucoup de choix : mourir ou bien s’adapter au Nouveau Monde. Par contre, il y a certainement une autre manière de voir les choses. Et si notre coeur, à force de se laisser aimer, se mettait de plus en plus au diapason du Dieu de l’Évangile ? Qu’y trouverait-il ? Quelle joie pourrait l’habiter ? Quel pardon aussi pourrait-il recevoir ? Quel monde pourrait-il ainsi transformer, quels que soient les changements révolutionnaires qu’il porte ?

Au coeur de l’Évangile, la miséricorde de Ieshoua, portrait de celle du reste de la Sainte Trinité, ne devrait-elle pas être celle que l’Église porte au plus profond d’elle-même ? N’est-elle pas la clé pour ouvrir les cœurs les plus meurtris par la mort du péché ?

***

Encore aujourd’hui, des millions de personnes préfèrent la méthode forte : la peine de mort ou la guerre à tout prix ont encore de beaux jours. Considérées dans le passé comme des solutions qui ramenaient la paix, elles sont de plus en plus décriées dans nos sociétés. Cette situation est une espérance qui est possible grâce à plusieurs éléments. L’un d’eux est certainement l’Évangile et la réflexion qu’ont apportés dans les institutions démocratiques et de droits des chrétiens que je nommerai ceux et celles de l’ombre.

Des chrétiens qui, au lieu de crier comme des fous sur les places publiques qu’ils sont chrétiens et que la fin des temps est pour demain matin, ont plutôt travaillé d’abord en leurs propres profondeurs sur les peurs qui les habitaient. Dont celle du criminel, du danger que représente le prisonnier, coupable d’avoir traversé une frontière : celle qui mène au mal visible; meurtre, viol, vol, corruption, etc.

Ces chrétiens de l’ombre ont appris à changer leurs propres peurs, ont éduqué leurs cœurs à autre chose que l’esprit de revanche, ont donné au mot miséricorde tout son sens. Ils ont appris que l’être humain peut être plus fort que la mort, s’il écoute au plus profond celui qui s’est donné au-delà du mal, jusqu’à la mort. Sa vie prend tout son sens, non parce qu’il se jette sur la croix en disant qu’il est martyr par elle. Il accepte la croix, par amour de la non-violence, de la miséricorde et de l’amour lui-même. Un acte de bravoure qui n’en est pas un aux yeux de l’intéressé. Il accepte ce qui arrive, il souffre atrocement, a mal, et aurait certainement préféré une « belle mort » au bout d’un long chemin. Un chemin où ses détracteurs, eux aussi, se seraient mis en route vers le paradis, vers la miséricorde.

Le bon larron est une figure que plusieurs aimeraient mieux oublier.
Le « voleur de paradis » comme l’appelait affectueusement Thérèse de Lisieux, se laisse aimer sur sa croix, au point où il ose demander le paradis.
Et la réponse est bouleversante, étonnante, choquante, complètement subversive :
« Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Le dernier souffle donné par Ieshoua est un souffle d’amour. Est-ce que mon dernier souffle sera fait de ce même amour ?

Belle fête du Christ, Roi de l’univers, et surtout, Roi de miséricorde.

Mario Bard

 

 

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