Mon grain de sel

Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 9 février 2020

par Mario Bard.

Une lumière au service

Le livre d’Isaïe est très précis sur la lumière dont les disciples du Christ Ieshoua de Nazareth, mort sur une croix un après-midi de l’An 33 (?) à Jérusalem, doivent accomplir pour être appelés « lumière du monde ». Et la sagesse de l’Église est d’avoir mis cette lecture côte à côte avec ce passage de l’Évangile.

« Ainsi parle le Seigneur :
Partage ton pain avec celui qui a faim,
accueille chez toi les pauvres sans-abri,
couvre celui que tu verras sans vêtement,
ne te dérobe pas à ton semblable.
Alors ta lumière jaillira comme l’aurore,
et tes forces reviendront vite. »

Is 58, 7

Les lumières de ce monde existent. Elles agissent souvent dans l’ombre et ne sont pas toujours reconnues pour les gestes héroïques qu’elles accomplissent. La dame qui donne du temps à une autre dame pour l’aider à marcher; l’homme qui donne de son temps à l’hôpital pour visiter des malades; les personnes qui sourient à des personnes sans abries sur la rue ou bien les aide d’une manière ou d’une autre.

Soutenir l’être humain lorsqu’il est faible et sans recours est beaucoup plus héroïque que de lui faire la morale. L’amour fait naître la morale. Pas l’inverse. Et c’est ainsi qu’une lumière naît quand nous osons nous donner au-delà de ce que nous pensions pouvoir accomplir. Est-ce que notre société d’aujourd’hui – avec ses prédicateurs politico-moralisants et ses hommes financiers sans âmes autres que leurs comptes en banque – peut y arriver?

Mais oui.

Rien n’empêche ce monde soutenu par l’Évangile d’arriver. Par contre, ce monde lumineux demande de notre part d’y avoir foi. De ne pas abandonner la miséricorde et la bonté, et surtout, de laisser une place à la Trinité bienheureuse dans nos conversations intérieures. Sauver le monde? Ieshoua est allé jusqu’à mourir sur une croix. Avons-nous en nous cette audace? Ou bien, sommes-nous encombrés de nos idées préconçues, sources d’orgueil certes, mais sans lendemain réel.

Les Églises chrétiennes sont lumières du monde et sel et de la terre lorsqu’elles osent un discours qui met l’être humain, sa dignité et sa liberté en premier. Le reste – architecture, livres, discours, visite, rituels – n’est que des chemins qui, s’ils n’inscrivent pas en nos cœurs les valeurs fondamentales de l’Évangile, deviennent des lieux où se développent les idoles de nos pensées magiques.

Mario Bard

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