Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 28 février 2016

par Mario Bard.

Le Dieu qui ne coupera jamais l’arbre

L’élite religieuse que rencontre Ieshoua enseigne ce que répètent les gens, venus rapporter ce qui est arrivé. Il pense que Dieu facture, compte, et élimine ceux et celles qui dépassent la garantie. Dans leur esprit, aucune garantie prolongée n’est offerte. Vous venez de pécher? C’est fini, Dieu vous punit. Vos parents ont été mauvais? C’est fini, le lien de transmission est automatique et sans appel. Après tout, le Livre des Nombres est clair : « … mais il ne tient point le coupable pour innocent, et il punit l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération ».

Le monde théologique dans lequel évoluent les élites religieuses semble conçu pour ceux et celles qui, jour après jour, ne sont pas obligés de se salir les mains dans la terre, ou de garder les moutons. Ils sont hors du monde, et fier de l’être. Et leur mode de pensée contamine ces gens venus parler à Ieshoua.

Tout comme celui des élites financières du monde d’aujourd’hui.

Celles-ci foncent, déterminées, et deviennent amoureuses de leur profit et de leur vie luxueuse. Elles en veulent encore et encore… au risque de la corruption et de tourner les coins ronds. Elles le valent bien, elles le méritent bien… Après tout, elles créent des emplois!

Leur nouveau Credo prend forme : l’argent fait le bonheur. Et prenez garde à quiconque dira le contraire. Il sera châtié hors du monde, on lui refusera des soins de santé, car il ne produit pas de richesse bancaire. Il périra dans la rue, et ses enfants seront punis génération après génération… 

***

Le Credo de Ieshoua est certainement vu comme une faiblesse au niveau théologique. Dieu ne peut pardonner aussi facilement. Il punit ceux et celles qui le méritent, et les personnes de Siloé ou bien les Galiléens ont dû faire quelque chose qui n’était pas bien. Ils ont péri du fait d’un péché caché, Dieu voulant qu’ils se retrouvent tous au même endroit pour périr. Quel Dieu intelligent nous avons!

Je dirais : quel Dieu tortionnaire nous avons!!! Heureusement, dans la vision de Ieshoua, le Dieu auquel adhèrent les chrétiens n’a rien d’un tortionnaire. Sauf pour ceux et celles qui en restent à la vision d’un Dieu-vengeance, censé être omniprésent dans le premier Testament.

Ils ont oublié l’épisode du Livre des Nombres où Dieu « est lent à la colère et riche en bonté, il pardonne l’iniquité et la rébellion; mais il ne tient point le coupable pour innocent, et il punit l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération.

».

Bien sûr, cette dernière partie semble médire tout ce que je viens d’écrire. Je crois plutôt que Ieshoua fait un choix. Sa rencontre avec le Père est tissée de bonté, de pardon et d’amour infini. Il ne croit plus dans la vengeance de Dieu.

Dans sa parabole, Ieshoua aurait pu éviter de parler de ce maître qui demande au vigneron de s’occuper du dattier. Dans mon esprit, la parabole se répète toujours. Elle n’a pas de fin. Le maître espère sans relâche que son dattier donnera du fruit. Il ne le coupe pas. Si le dattier meurt, ce n’est pas parce que le maître l’aura coupé. C’est parce que le dattier aura refusé de nourrir ses racines.

Nous sommes libres de choisir ou non. Parfois, les événements de nos vies nous bringuebalent, nous ne savons pas trop comment réagir, et la liberté devient alors bien relative. C’est peut-être pour cela que Ieshoua nous demande d’être prêt. Et c’est peut-être pour cela aussi qu’il espère sans relâche que le dattier porte du fruit.

***

Il est plus facile de faire peur que d’aimer pour diriger. Il est plus facile de dicter sans liberté, que d’éduquer dans un carcan. Si un mélange des deux est probablement bénéfique au niveau pédagogique, le Dieu tel que présenté par Ieshoua en est un de liberté et de bonté. Il n’a rien à voir avec un despote qui s’amuse à faire tomber des objets sur la tête de ceux et celles qui auraient péché.

Avec quel Dieu voulons-nous marcher? Le faux dieu qui réclame nos têtes aux moindres faux pas, et sous lequel les frémissements ne sont pas ceux de l’amour, mais ceux de la soumission? Ou bien, voulons-nous soumettre nos cœurs à la liberté, à l’amour et à ce Dieu qui est Père, et qui revient toujours nourrir nos racines pour que nous portions du fruit?

Mario Bard

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