Mon grain de sel

Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 11 janvier 2015

par Mario Bard.

Oser plonger dans sa bienveillance.

Est-ce que j’entends cette parole de Dieu sur moi chaque jour? Fils ou Fille de Dieu, est-ce que je crois que sa « volonté d’amour » peut être « parfaite » en moi? C’est souvent où le bât blesse. Notre foi en cette parole demeure éternellement soumise à nos excuses les plus plates. « Je suis un pauvre humain », ou encore « Ieshoua est déjà parfait, alors, je ne peux faire rien de plus grand que lui ». Vraiment?

La fausse humilité ou le manque d’ambition christique sont vraiment décourageants dans la plupart des Églises. Pour ma part, j’ose dire qu’un jour, je saurai écouter le Père, assez pour devenir comme son fils, et influencé par l’Esprit. Pas pour me faire gourou dans le plus mauvais sens du terme. Ni pour amasser de l’argent provenant des prêches que j’aurai réalisés partout dans le monde. Mais bien pour accomplir mon propre destin d’être humain.

« La gloire de Dieu, c’est l’humain debout! » disait Irénée de Lyon, père de l’Église.

Pour y arriver, pourquoi ne pas avoir foi en cette parole de Dieu sur nous? Pourquoi ne pas avoir foi que nous sommes aussi Fils et Filles bien-aimés de Dieu?

Notre baptême en tant que chrétien devrait nous apprendre à d’abord apprécier notre humanité. Plus : à aimer ce que Dieu a créé.

Au contraire, des années de pensées sur la théorie du péché originel ont plutôt donné aux hommes et aux femmes – chrétiens ou non – l’impression que, dès le départ, notre condition d’être humain est tout simplement vouée à l’échec. Mis à part des humains prédestinés par Dieu ou je ne sais quelle force, la plupart d’entre nous aboutiront dans les flammes éternelles. Beau destin!

Heureusement, cette théorie toujours existante et de plus en plus controversée trouve sur sa route des gens qui ont le courage de la contredire. Comme Lytta Basset. Pasteure protestante et théologienne, elle a publié en 2014 Oser la bienveillance.

En plus de 400 pages, accessibles et passionnantes, elle s’élève contre cette théorie qui ne trouve nullement ces sources dans l’Évangile. Elle énumère tous les démons qui sont sortis de celle-ci et qui ont fait de la chrétienté un monde où la peur et la haine ont parfois eu le dessus sur l’Évangile et au nom duquel l’Église prêchait pourtant à profusion! Au lieu de s’engouffrer dans les arguments nihilistes et cyniques qui finissent par être le tissu de cette théorie du péché originel, elle invite le lecteur à oser la bienveillance.

En redécouvrant tous ces moments où Ieshoua a construit des ponts entre les humains, guéri, invité à être comme des enfants. La manière dont il a accueilli les pécheurs. Aucune réprimande!

En osant un regard bienveillant sur l’être humain, nous aurons peut-être le secret d’une société améliorée, en meilleure forme. Risquer de voir l’être humain autrement, cela peut-être parfois décevant. Mais, si notre source est en Dieu le père, jamais l’espérance ne disparaîtra complètement. Pourquoi?

Je ne sais pas. Peut-être parce que je l’ai moi-même expérimenté à plusieurs reprises dans ma vie. Jamais le Dieu de l’Évangile ne nous quitte si, au fond de notre cœur et de nos lectures de sa Parole, nous osons accueillir sa bienveillance sur nous pour ensuite la partager. Devenir un humain debout. Oser se lever parce que ce Dieu amoureux nous aime, et nous désire debout.

Le baptême nous plonge dans cette eau bienveillante. Osons-nous en être témoins?

Mario Bard

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