Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 20 novembre 2016

par Mario Bard.

Vivant!

« Le voile du Temple se déchire ». Ce passage permet d’apprécier ce que Ieshoua dit depuis si longtemps. Que Dieu est accessible, qu’il se laisse approcher, comme un Fils peut approcher son Père ou sa mère. Dieu n’est pas le Dieu de ceux et celles qui se prétendent puissants, sans reproches et qui pillent la terre pour mieux faire peur, s’enrichir et finalement, laisser l’histoire raconter ce qu’ils ont fait, et non ce qu’ils étaient.

La puissance est fragile. Qui parle encore de Ghengis Khan, Napoléon ou bien encore Néron dans ces conversations de tous les jours? Pourtant, un homme de Nazareth, mort sur une croix un après-midi de l’An 30, a bouleversé le monde. L’Évangile – la Bonne Nouvelle – qu’il a proclamé demeure une nourriture pour des millions de gens dans le monde. Elle permet aux gens qui la fréquentent régulièrement de se sentir plus près du cœur du bonheur. Du cœur de Dieu. On parle à Dieu le Fils, Jésus le Christ, tous les jours.

On le rencontre pour mieux affronter nos questions existentielles. On porte en nous son Pain et son Vin partagés, la communion qui nous fortifie et fait que nous pouvons avancer malgré la peur. Mais attention; ce n’est pas seulement ces signes de vie qui donnent la force, comme si l’on avalait un talisman magique. Le partage de ces saintes espèces demeure une clé essentielle pour que la communauté chrétienne continue, s’unit dans les épreuves autour de celui ou celle qui souffre. Ou encore, qu’elle devienne un exemple d’amour complet donné à l’autre.

Le Dieu de l’Évangile n’est pas seulement un être puissant; il est puissant en amour.

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Certains jours, je dois répéter inlassablement : Jésus le Christ, lumière intérieure, ne laisse pas mes ténèbres me parler! En effet, avancer dans cette société devenue dure, qui préfèrent les puissants aux voix tonitruantes et renversent les humbles du peu qu’ils leur restent de trône, n’est pas facile.

Tous les jours dans les nouvelles, je vois des situations de personnes qui n’ont pas de moyens pour vivre. Elles se font même couper le peu qu’elles ont. Par qui? Je pourrais choisir plusieurs exemples. Mais celui qui me choque le plus, car il touche les choix d’une société, ce sont les choix que nos gouvernements font. Celui de ne pas tenir compte de l’augmentation du nombre de personnes qui s’appauvrissent même lorsqu’elles travaillent. Celui de ne pas entretenir décemment les écoles, ou de ne pas renouveler des programmes destinés aux plus pauvres. Pendant ce temps… Les riches se donnent des augmentations de salaire, pour atteindre les standards du marché! Pendant ce temps, les riches disent… « tout va bien! » et vont encourager l’industrie touristique en choisissant de se loger au prix des rois et des reines. Pacotilles. Ils s’achètent de belles voitures, qui ronronnent le luxe et disent au monde entier à quel point ils et elles ont réussi.

Aujourd’hui, la richesse ne sert plus le bien commun. Elle sert à rénover la prochaine salle de bain. J’exagère? Coupure à l’aide sociale; coupure dans les programmes pour les personnes avec un enfant handicapé; coupures auprès des organismes sociaux autonomes.

Mais, on s’en fout, trop occupé à travailler pour, nous aussi, devenir riches… Ou pire : pour surivre.

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Ce n’est qu’un exemple de ce qui chaque jour me rend en colère. Le seul Dieu de gloire et de puissance qui puisse, sans effusion de sang, renverser cette vapeur mortelle, c’est celui que l’on appelle Christ Roi. Ieshoua nous montre un chemin de guérison, de pardon, de simplicité, de joie. Pourquoi hésitons-nous à lui parler, lui donner notre vie, lui donner notre souffle pour qu’il le remplisse de ces attributs d’amour? Mystère…

Ce Roi d’amour n’empêche pas la colère face à l’injustice. Mais, il la délivre de l’illusion et lui permet de devenir féconde, d’entrer en action pour transformer ce monde, en faisant un Règne de Dieu.

Je prie pour que, sur la croix de ma mort, au soir de ma vie, Dieu le Fils me pardonne comme au bon larron. Mais avant, je prie pour qu’aujourd’hui, mon cœur s’ouvre à cet amour et devienne si gonflé d’amour, qu’il ose dénoncer, parler, agir pour la justice. Tout en imitant le Chemin incroyable de bonté et de miséricorde de ce Dieu d’amour. La croix : souffrance obligée de l’amour. Mais, au bout de trois jours… Dieu se dévoile : Vivant!

Mario Bard

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