Mon grain de sel

Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 4 décembre 2016

par Mario Bard.

Déboucher les oreilles

Le crieur, celui qui averti, celui qui nous dit : convertissez-vous! en criant dans le désert. Pourquoi en avons-nous si peur? Celui qui promet un avenir meilleur, un temps de joie, de paix et d’amour, pourquoi le craignons-nous?

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Il faut beaucoup de courage pour être un vrai prophète. Quelqu’un qui crie : « Convertissez-vous! » De l’autre côté, il est facile de mentir pour plaire, comme le font tant de politiciens et de dirigeants économiques qui souhaitent remplir leurs portefeuilles plutôt que de soutenir l’évolution de la société vers plus de connaissance, de santé et de bonheur. Du côté religieux, il est plus facile aux nouvelles engeances de vipères de remplir des arénas et de dire des choses faciles sur Dieu, de simuler des guérisons et de parler de la mauvaise morale de l’autre que d’inviter à l’introspection.

Le Souffle de Dieu est immense. Il voudrait tenir en Lui tant d’amoureux de la vie, tant d’amoureux de la justice… Sommes-nous capables d’y entrer? Et comment?

Jean le baptiste aurait tant aimé que Dieu – enfin! – balaie les méchants du revers de la main et les envoie paître loin, très loin. Le crieur espère un changement rapide, une conversion éclair, instantanée. Certes, nos histoires de conversion sont diverses et certaines d’entre elles s’appliquent comme tel. Mais, après? Que se passe-t-il? Sommes-nous capables d’être dignes des promesses que ce Dieu met en nous? Sommes-nous à la hauteur de ce que l’Évangile prône avec force?

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La conversion est une affaire de chaque jour. Choisir d’être et de devenir meilleur chaque jour. Ne plus avoir peur d’entrer dans le souffle de l’amour. Ne pas laisser les multiples tentations et craintes mener notre vie, mais laisser ce souffle d’amour entrer en nous.

Qui veut écouter, y entrer, devenir cet amour? Évidemment, il est plus facile d’entrer dans la logique de la guerre que dans celle, plus longue, du dialogue, du choix de cheminer avec. Jésus n’aurait certainement pas marché dans les mêmes pas que Jean-le-Baptiste. Après tout, ce dernier est plutôt tenté par la voix facile d’une certaine violence. Alors qu’Ieschoua patiente, guérit, marche avec…

N’empêche… le crieur est essentiel. Il annonce, il déclare, il interpelle. Sans lui, le Messie ne peut venir. Le paradoxe est intéressant. Nos oreilles bouchées par la cire des habitudes doivent être bien ouvertes avant même que ne puisse entrer une parole nouvelle, source de nouvelles habitudes et d’un amour renouvelé. Il faut quelqu’un de fort qui ose les mots qui dérangent, qui déclenche la réflexion intérieure, celle qui mène au Christ Ieschoua.

Mario Bard

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