Mon grain de sel

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Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 24 août 2014

par Mario Bard.

Quelle est la grandeur de l’être humain?

« C’est Goldorak le grand, le grand Goldorak!

Qui est-il, d’où vient-il, l’invincible robot des temps nouveaux! »

Les plus de trente ans se souviendront peut-être de la chanson qui est devenue un succès dans les cours d’école primaire. Le personnage de robot Goldorak créé par des studios d’animation japonais était alors le sujet de toutes les conversations entre petits garçons. De plus, même les filles étaient tombées en amour!

En pensant à la question de Ieshoua à ses disciples, j’ai pensé à la question de la chanson. Qui est-il? Car c’est bien ce qui taraudait tant les disciples de Ieshoua et les foules venues rencontrer celui qui guérit, celui qui pardonne, celui qui aime. D’où vient-il? Une croyance populaire de l’époque voulait que le Messie provienne de nulle part.

Alors, comment se fait-il que les disciples reconnaissent – du moins Pierre – Ieshoua comme le Messie tant attendu? Peut-être ont-ils capté quelque chose de si neuf, de si grand, qu’ils n’avaient d’autres choix. Comme si les miracles, la présence, la nouveauté du message et sa force de transmission; tous concourent à ce que cet homme soit plus qu’un homme prophète ordinaire.

***

Ieshoua base son Évangile sur notre humanité. Sur notre capacité à être meilleur, à faire toujours un peu mieux, à être plus amoureux chaque jour. Amoureux au sens de l’Agapè fraternelle. Non pas uniquement comme une passion qui tue, ou qui jugule tellement notre attention qu’elle nous dévore. Mais, un amour qui parfois, souffre de la fermeture de l’autre. Ou bien de son incompréhension. Un amour qui continue, malgré tout.

Par ailleurs, Ieshoua base son Église sur les humains que nous sommes. N’est-ce pas une révolution? Au lieu de tout organiser autour d’un clergé pur, parfait et sans tache, Ieshoua choisit des disciples-pécheurs, ordinaires, fils et filles du peuple. Sa sélection est loin d’être orthodoxe.

N’oublions pas : Pierre reniera Ieshoua, la plupart des disciples se cacheront jusqu’à la Pentecôte. Seules les femmes, qui « depuis la Galilée » nous dit l’évangéliste Marc, l’ont suivi jusqu’à la croix. Pourtant, c’est sur Pierre qui le reniera trois fois que Ieshoua bâtit et construit son Église. Symbole qu’Il fait confiance aux humains que nous sommes pour que le Royaume advienne. Certes : l’Église n’est pas le Royaume. Elle n’en est qu’un microcosme, une proposition imparfaite. Elle se doit d’être présente au monde pour l’alimenter dans sa recherche de la vraie vie. Toujours en dialogue, en écoute, en partage et en amitié profonde.

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L’Église souffrira toujours. Une souffrance d’Agapè qui désire le pardon, la guérison, la paix, mais qui ne la trouve pas. Et, paradoxalement, elle se réjouira toujours aussi. Parce qu’elle trouvera sûrement ces éléments construits chaque jour par des hommes et des femmes de bonne volonté. Ouvrir l’œil et ne pas se laisser par un esprit malsain.

Loin de la grandeur de Goldorak qui attaque les méchants, l’Église de Ieshoua doit apprendre à se faire proche de ceux et celles qui sont abandonnés de tous. Dénoncer les injustices, ce qui lui semble couper l’être humain du meilleur en soi, certes. Mais aussi, apprendre que le Royaume de Dieu, semblable à l’Évangile, apporte la guérison et le pardon, d’abord.

Savons-nous y répondre? Où se trouve la grandeur du Fils de l’Homme?

Dans la perfection morale d’un être humain arrêté et devenu vieux, ou dans la miséricorde du sage qui, sous l’emprise de la folie de l’Agapè, devient porteur d’humanité fleurissante?

Mario Bard

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