Mon grain de sel

Grain de SelMon grain de sel, sur l’Évangile du dimanche 11 septembre 2016

par Mario Bard.

L’accueil essentiel

« Car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie; il était perdu et il est retrouvé. » Si, chaque matin, nous écoutions au fond de notre cœur cette phrase, je crois que notre vie intérieure pourrait changer à jamais. Donc, par ricochet, celle de toute la société.

Être chrétien, est-ce que c’est avant tout être le fils modèle, celui qui fait tout comme c’est prescrit, mais sans y mettre de cœur? Ou bien, est-ce que c’est d’essayer, de marcher, de se tromper de chemin, puis de revenir pour retrouver le bon chemin, passant à travers notre propre honte? Ou plutôt, notre faim…

Cette faim qui, personnellement, me tient attaché à la personne du Christ ressuscité. Sans lui, je dérape, je me perds, je deviens un humain dangereux qui n’a d’autres idées que d’ériger les ténèbres comme si elles étaient des lumières…

Par exemple… ce qui se passe dans le monde. Une montée des extrémismes de toutes les sortes, que ce soit le racisme, la croyance religieuse qui tue l’autre, l’argent devenu dieu absolu, ou encore, ces plaisirs qui veulent devenir le centre de notre cœur, au détriment de l’autre humain devant moi… La crise du monde actuel est celle du manque de Miséricorde. Non parce qu’il a du mal à trouver les moyens techniques pour se développer. Mais, plutôt parce qu’il a du mal à accepter cette présence du père-mère Miséricorde en lui.

La bonté, le service, l’accueil, l’intégration et non l’assimilation, la lenteur, le temps de donner, perdre son temps pour aider… toutes des valeurs dont l’Humain a soif. Mais, toutes des valeurs que nos autorités actuelles oublient, dans la recherche d’une nouvelle grandeur. Le gagnant doit être fort, à la limite arrogant et peu intéressé par l’autre. Le style « imbu de soi-même » est ce qui, au final, est prôné. Et l’on donne des cadeaux et des pleurs sur les pauvres petits pauvres à Noël. Amen.

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Comment les communautés chrétiennes se situent-elles par rapport à l’accueil des pécheurs? Sont-elles obsédées de savoir si le nouveau venu est presque sans péchés – ça demande moins d’ouvrage et la communauté risque moins – ou bien ont-elles le réflexe d’accueillir par un sonore « Bienvenu! »? Sont-elles prêtes à accueillir au risque de leur confort?

Les périphéries, dont parle si souvent le pape François, devraient être les priorités de nos communautés. Bien sûr pour survivre et être heureuse, une communauté a besoin de certaines limites, de règles qui la définissent. Mais, à mon sens, les règles des communautés chrétiennes devraient inclure le risque de l’accueil des pécheurs.

D’abord, elles accueillent déjà les membres, qui sont aussi des pécheurs…

Puis, la parabole du Père prodigue est claire : peu importe le péché, la crise, le moment, le retour d’un enfant que l’on croyait mort, perdu dans le péché, est avant tout une occasion de fête, une réjouissance.

D’ailleurs, Dieu n’accueille que des pécheurs. Il n’a d’autres choix. Sinon, il est seul. Et Dieu ne peut être amour s’il est seul. Nous non plus d’ailleurs. Pratiquer l’accueil inconditionnel est essentiel.

Finalement, nous n’avons d’autre choix lorsque nous prétendons être chrétien que d’accueillir inconditionnellement.

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Bouger comme le Père, courir comme Lui vers le pécheur. Un exercice périlleux, qui demande prière, réflexions, discernement. C’est aussi un mouvement continu. Mais, dont les communautés chrétiennes ne peuvent se passer, tant cette parabole, située en plein cœur de l’Évangile selon l’écrit de Luc, parle de ce que le cœur de Dieu désire vraiment : un amour plus grand et illimité, pour tous.

Mario Bard

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