Regards croisés

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La gloire

Le texte de Jean cette semaine nous parle de la personne de Jésus qui est glorifié, de son Père qui est glorifié et aussi des humains, glorifiés de par leur écoute de la parole du Fils. La gloire, un mot que l’on associe difficilement à notre expérience chrétienne. C’est pourtant un mot que l’on retrouve souvent dans la lecture des évangiles. Aujourd’hui, on peut associer la gloire au joueur de hockey décédé dernièrement, Guy Lafleur. En hébreu, gloire veut dire avoir du poids dans la communauté. Lafleur a possédé et possède encore beaucoup d’importance dans la société canadienne-française. C’était un fierté de voir à la télévision, le samedi soir, un petit gars de chez nous faire la pluie et le beau temps sur les patinoires d’Amérique du Nord. Il portait avec fierté notre identité nationale. Il avait un poids certain dans notre communauté. Nous appelions d’ailleurs le club de hockey du Canadien de Montréal les Glorieux! Quand, pendant la soirée du Hockey, le samedi soir, Lafleur s’emparait de la rondelle, au Québec, nous arrêtions de respirer! C’est probablement, une quinzaine de jours après le décès du démon blond (un surnom donné au joueur), la meilleure représentation que je peux donner pour expliquer quelle signification nous donnons au mot gloire aujourd’hui.

Le testament de Jésus à ses disciples

Revenons au texte de l’évangéliste. Rappelons que le chapitre 13 de Jean c’est les moments où Jean nous parle du dernier repas. La scène du lavement des pieds est particulière à Jean. Nous ne la retrouvons pas chez les autres évangélistes. À mes yeux, cette scène représente Jésus qui lègue son testament à ses disciples. Il leur enseigne comment, dans le futur, démontrer que l’on marche à sa suite : toujours se situer du côté du service, de l’accueil et de la miséricorde. Ce qui résume sa conception de l’amour. Dans ma compréhension, le lègue de Jésus à ses disciples se situe dans cette fidélité au service, cette constance dans l’accueil et l’amour. Ce sont ces caractéristiques incontournables de Jésus qui vont l’amener à la mort sur la croix. Jamais il n’a fait aucune concession à cet amour inconditionnel. Il accepte la mort sur la croix par fidélité à la Vérité de Dieu qui réside dans cet amour inconditionnel qu’il manifeste pour l’humanité.

La gloire dont parle le texte de Jean, gloire qui est associée à Dieu et à Jésus, est associée à la fidélité et à l’amour. La gloire qui est présentée ici n’exprime pas une justice, un pouvoir ou une maîtrise sur l’histoire humaine. Elle s’exprime par ce qui peut être perçu comme une faiblesse chez l’humain, comme l’expression ultime de ce que représente l’importance, le poids, la gloire de Dieu et de Jésus : la fidélité dans l’amour. Cette fidélité qui existe entre Jésus et le Père, Jésus demande à ses disciples de la reproduire entre eux. « […] Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avec de l’amour les uns pour les autres ».

Dans la nudité de la croix, là où il n’y a plus que l’amour à offrir en partage, Jésus nous montre le vrai visage de Dieu: d’un Dieu qui est amour, qui n’est qu’amour et pardon. Il glorifie Dieu Je vous donne un précepte nouveau: aimez-vous de bonté. Ce qui doit être vécu par les disciples, c’est donc l’amour dont Dieu aime, sa façon d’aimer; et cela afin que l’amour éternel transforme le monde.Jésus ne dit pas seulement «aimez-vous» mais il ajoute: «comme je vous aime». Il s’agit donc d’aimer à la manière de Dieu, par son amour même qui est accueilli pour être redonné. Le verbe aimer qui est employé ici en grec est agapao. Il y a plusieurs mots grecs pour traduire aimer: éros  désigne l’amour désir; philia traduit l’amitié; pour traduire l’amour de gratuité, la grâce, on emploie le mot agapè. Jésus emploie ce mot pour proposer à ses disciples d’aimer comme lui, lui qui aime comme Dieu.

Georges Convert

Étienne Godard

  1. marcel gaucheron

    Un grand merci pour l’explication de la gloire. Chez nous on dirait plutôt M’Bapé joueur de foot mais à l’adaptation faite je comprends mieux la définition de la goire

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